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Avant d’ouvrir en grand le débat qui a pour thème «C’est quoi l’intégration ?», il parait opportun de savoir de quoi en parle et pourquoi nous avons décidé de parler de ce sujet.


Tout d’abord, de quoi parle-t-on ? L’intégration, c’est qui et c’est quoi ? Il faut savoir qu’en sociologie, l’intégration est un processus ethnologique qui permet, ou plutôt doit permettre à une ou plusieurs personnes de rejoindre un groupe, pour être plus précis, la communauté nationale avec comme vecteur commun l’adoption et l’adhésion aux valeurs et aux normes propres au référentiel social du pays dit d’accueil.

En clair, toute personne désireuse de vivre dans un pays autre que sa terre d’origine, doit se fondre dans la masse, et pour cela, deux conditions s’imposent, celle de le vouloir et de l’exprimer via une démarche personnelle destinée à s’adapter à son environnement. En terme scientifique, on parle de l’intégrabilité de la personne. En terme moins scientifique et plus terre à terre, on dira la capacité de l’individu à s’insérer et  s’intégrer dans son nouvel espace de vie.

L’autre donnée nécessaire pour réussir l’intégration d’une personne résulte dans la capacité de la société, c'est-à-dire nous, vous, à intégrer des personnes venus d’ailleurs avec comme exigence le respect de ses différences culturelles ou cultuelles, et de ses particularités. Après avoir dit tout cela, que dire de plus ? Et bien après avoir dit tout cela, plusieurs interrogations se posent avec véhémence ? Sommes-nous en capacité d’accueillir et d’intégrer des populations étrangères ? A priori oui puisqu’on n’a cesse de dire que le Maroc est un pays hospitalier et que nous sommes plus tolérants que la moyenne ? 

A priori oui car en matière de migrations, il n’y a pas une famille marocaine qui ne compte pas un de ses membres qui vit dans un pays étranger. A priori oui, nous venons de décréter la régularisation en 2014 de près de 40 000 personnes vivant en situation irrégulière sur notre sol. Sauf que ? Sauf que l’intégration de population, c’est un véritable enjeu ! Un enjeu à la fois politique, économique, social et culturel. 

En effet, on ne peut pas accueillir pour accueillir. Intégrer, ce n’est pas que régulariser une situation administrative, c’est avant tout et surtout penser et accompagner l’individu dans son processus de familiarisation avec l’environnement. Dans «familiariser», il y a par exemple l’apprentissage de la langue, l’accompagnement en matière de recherche d’un logement, une inscription dans une école pour les enfants, une assistance éventuelle en matière de recherche d’emploi. Bref, les choses élémentaires pour réussir une intégration.

Du coup, on voit mieux les enjeux d’un processus d’intégration, processus à la fois long, très long, à la fois sensible, très sensible, à la fois complexe, très complexe, au point où de nombreux pays dans le monde ont échoué, et ce pour des raisons élémentaires, comme celle d’accueillir des populations sans avoir tenu compte de la complexité de faire vivre ensemble des femmes et des hommes différents.

Reste à savoir si nous serons en capacité de réussir là où d’autres ont échoués.

Luxeradio (12/2013)



 
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