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Une révolution sans précédent est en train de s’opérer dans le monde de l’échange, du travail, de la culture, de la politique et aussi dans la production et la gestion des moyens du pouvoir. Dans cette complexité on se trouve face à de nouveaux phénomènes de « pouvoir », parfois insaisissables, éphémères mais qui laissent des traces indéniables sur le vécu des gens, leurs choix et leurs préférences.

Sauf qu’il y a parmi ces « pouvoirs » ceux qu’on ne décide pas nécessairement, ou qu’on ne maitrise pas totalement, les effets et les types d’influence qu’ils peuvent avoir. Comme c’est le cas des médias.

D’un autre côté, on assiste à des critiques acerbes du journalisme, surtout des médias audiovisuels, et la télévision en particulier, le considérant comme un outil dévastateur dans les processus d’homogénéisation de la vie publique. Ce qui semble antinomique avec la démocratie dont le pluralisme constitue l’essence.

Le pluralisme est un des fondements de la communication. En plus de sa portée normative, il accompagne le processus évolutif de la mise en pratique de la liberté de communication. Le pluralisme acquiert, ainsi, un statut central dans la pratique de la liberté de communication comprise comme une liberté orientée vers le lecteur pour la presse écrite, ou le récepteur du message audiovisuel. Or, le traitement pluraliste de l’information est régi par des normes, sinon, des corpus juridiques qui permettent l’exercice de régulation par des instances indépendantes. Lesquelles instances peuvent prendre des décisions concernant l’injure, l’atteinte à la dignité des personnes, ou la protection du jeune public, des décisions qui peuvent, cependant, être mise en cause par le recours du journaliste ou l’opérateur audiovisuel à la justice qui aura le dernier mot.

Quelques soient les péripéties ou les formes de pratiques que connait l’histoire politique contemporaine des pays démocratiques, ou ceux qui tentent, sérieusement, de sortir du despotisme, le pluralisme dans les champs médiatiques, et quels que soient les supports, est compris comme un critère essentiel de la pratique des libertés d’expression et de pensée. L’ouverture aux différents courants d’opinion qui traversent la société, et la libéralisation des champs médiatiques permettent la diversité des offres et de contenus afin de donner, chaque fois, de nouveaux souffles à la liberté d’expression orienté par une volonté claire de faire du pluralisme un principe légal et pratique de la reconnaissance des différences politiques, sociales et culturelles.

Cependant comment définir les courants qui représentent une différence ? Jusqu’à quel point peut-on aller dans la reconnaissance et accepter un pluralisme sans limites ? Et dans quelles mesures les professionnels des médias respectent-ils cet impératif principal du traitement de l’information ou de l’actualité ? Et quelles différences de gestion entre les exigences du service public surtout dans l’audiovisuel et les entreprises privées ?

Il s’agit de questions importantes ou se mêlent des considérations juridiques, éthiques, politiques et économiques. Car, sans garde-fous tous les dérapages sont possibles et imaginables. C’est pourquoi les journalistes ont optés pour des règles déontologiques, et les Etats pour les instances de régulation dans l’audiovisuel. Malgré la présence de ces moyens réglementaires et juridiques, qui ont pour objectifs essentiels le respect de l’idée d’honnêteté, d’équité, d’égalité sinon de justice, certains journalistes leurs arrivent de les bafouer, guidés dans cela par des influences politiques ou des intérêts économiques. Ce qui n’aide, en aucune manière, à la consolidation du droit à l’information ni à l’incitation à la participation citoyenne.

Noureddine Affaya





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