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«Je me bats pour mon fils malgré les regards et les jugements impitoyables». Déterminée, Khadija, mère célibataire de 27 ans, nous donne un très rare témoignage du combat de ces femmes.

Une lutte contre l'exclusion menée par des milliers de Marocaines. 30000 enfants naissent chaque année de mère célibataire au Maroc. Par peur d' être rejetées, certaines ont recours à l'avortement clandestin. «Fille mère», une appellation qui claque comme un mépris au début de 20ème siècle en France. Des femmes seules, enceintes, bannies de la société et souvent poussées au suicide. En Europe, les mères célibataires étaient «séquestrées» dans des couvents.

En 2014, au Maroc, les femmes célibataires peuvent encore risquer la prison ou l'amende. Dans le pays du roi Mohammed IV, une mère célibataire reste une prostituée, explique sur son blog Droits des femmes. Le pays est toujours régi par le patriarcat islamique. Etre enceinte sans être mariée est un interdit absolu dans l'Islam.

Au siège de l'association Solidarité féminine, à Casablanca, Khadija décide de témoigner. Et un tel témoignage est rare. Elle confie son histoire à l'AFP : «J'ai rencontré le père biologique dans ma région d'Agadir. Lui habitait Casablanca. Ce que nous avions appris à l'école sur la sexualité était limité. j'étais encore trop jeune, j'avais à peine 20 ans, j'étais sans expérience». Et dans un pays où les relations sexuelles hors mariage sont proscrites, Khadifa se retrouve enceinte et seule. «Le père biologique-comme elle le nomme-m'a répondu-moi je ne t'ai rien fait-et a disparu».

Selon une étude de l'association des femmes Insaf et l'ONU cité par L'Orient Le Jour : 30 000 accouchements de mères célibataires sont recensés chaque année. Et ces mères, selon ce rapport «sont amenées à vivre l'exclusion, le rejet, la discrimination voire l'exploitation».

«La bouée de sauvetage» de Khadija, raconte la jeune femme est une ONG Solidarité féminine. Aïcha Chenna, surnommée mère courage, la fondatrice de cette ONG raconte : «Plus de 150 enfants naissent hors mariage chaque jour au Maroc. C'est énorme! Il faut que l'Etat reconnaisse ce phénomène». Selon elle, la société évolue tout de même pas après pas : «A l'époque où j'ai commencé à militer, dans les années 70, il n'était pas question de prononcer les mots mères célibataires». On en parle désormais plus qu'il y a 10 ou 20 ans.

Une association a d'ailleurs créé un compte Facebook «les filles mères au Maroc». Une page où l'on trouve des témoignages de solidarité mais aussi un réseau de solidarité pour ces femmes seules.

Khadija a le courage d'assumer ce qui lui est arrivé. Sans honte. Elle travaille aujourd'hui dans un salon de coiffure mais doit se battre tous les jours pour son enfant. Avec des moments difficiles comme lors de l'inscription à l'école ou la recherche un logement décent.

En tant que mère célibataire, «Les situations blessantes, on les vit presque chaque jour. Je refuse que mon fils les vive à son tour», lâche avec toute la force de sa détermination cette jeune maman marocaine.


Par Valérie Kowal
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