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Discours particulièrement virulent du roi Mohammed VI, prononcé par son Premier ministre Abdelilah Benkirane devant la 69e session de l’Assemblée générale des Nations unies. 

Plus qu’une allocation de circonstance, le discours du chef de l’Etat chérifien est un véritable réquisitoire contre le néocolonialisme qui sévit toujours, épinglant au passage les relations épidermiques du nord avec le sud, la mafia des institutions financières internationales et le diktat des agences de notation. Morceaux choisis.

«J’ai déjà affirmé, dans mon discours à Abidjan, en février dernier, que l’Afrique n’avait pas tant besoin d’aides humanitaires que de partenariats mutuellement bénéfiques», le roi Mohammed VI à la 69e session de l'A.G. de l'ONU, par la voix de Benkirane

Le colonialisme est toujours là
« Le colonialisme a causé de grands préjudices aux États qui en ont subi la tutelle. Le colonisateur y a entravé le processus de développement pendant de longues années. Il a exploité leurs richesses et les potentialités de leurs enfants, tout en altérant en profondeur les coutumes et les cultures respectives de leurs peuples. Même si de nombreuses années se sont écoulées depuis, il n’en demeure pas moins que les États coloniaux portent une responsabilité historique pour la situation difficile, parfois dramatique, que vivent certains États du Sud, surtout en Afrique ».

Non à l’ingérence occidentale
« Aujourd’hui, après tous ces effets pervers, ces États n’ont pas le droit d’exiger des pays du Sud un changement radical et rapide selon un schéma étranger à leurs cultures, leurs principes et leurs atouts propres, comme si le développement ne pouvait se réaliser qu’à l’aune d’un modèle unique : le modèle occidental. Mais certains États occidentaux, qui n’ont demandé l’autorisation de personne pour coloniser les pays du Sud, au lieu d’apporter le soutien nécessaire aux peuples de ces pays, s’obstinent à leur imposer des conditions drastiques qui entravent leur évolution naturelle vers le progrès ».

Donneurs de leçons, s’abstenir
« Les États occidentaux et les institutions qui en dépendent ne savent que donner des leçons, à profusion, et dans le meilleur des cas prodiguer quelques conseils. Quant au soutien qu’ils concèdent, il est très faible et systématiquement soumis à conditions. Plus encore ! Ils exigent des États du Sud qu’ils réalisent la stabilité et le développement dans des délais très limités, selon des modalités déterminées qui leur sont imposées sans tenir compte des parcours respectifs et des particularités nationales de ces États ».

Agences de notation : la grande arnaque
« De même, l’opération de notation et de classement de ces États selon les paramètres en vigueur actuellement suscite de nombreuses interrogations. Ces critères ont montré leurs limites et, souvent, leur décalage par rapport à la réalité des États du Sud, ainsi que leur incapacité à présenter une image objective du niveau de développement humain dans ces pays ».

Le capital immatériel au menu
« Nous préconisons donc que le capital immatériel figure désormais parmi les principaux critères de mesure et de classement de la richesse des États. Comme l’affirment les études effectuées par la Banque mondiale, le capital immatériel repose sur une série de données liées au vécu des populations, telles que la sécurité et la stabilité, les ressources humaines ainsi que le niveau des institutions, et la qualité de la vie et de l’environnement ».

Rendre à l’Afrique, ce qui appartient aux Africains
« J’ai déjà affirmé, dans mon discours à Abidjan, en février dernier, que l’Afrique n’avait pas tant besoin d’aides humanitaires que de partenariats mutuellement bénéfiques. J’ai également insisté sur la nécessité pour l’Afrique de s’affranchir de son passé et de ses problèmes politiques, économiques et sociaux, en comptant essentiellement sur ses capacités propres pour réaliser son développement ».

Partenariat Win Win
« Le Maroc en a donné une illustration tangible en signant des accords importants avec un certain nombre de pays africains frères. Je citerai à cet égard, en particulier, l’accord stratégique entre le Maroc et le Gabon dans le domaine de la production des engrais et leur acheminement vers les pays africains. C’est un arrangement qui est de nature à conforter le processus de développement, et à garantir la sécurité alimentaire dans le continent, d’autant plus que l’Afrique dispose d’une grande réserve de terres non exploitées, représentant 60% des terres en friche à l’échelle mondiale ».

Terrorisme = conséquence directe des injustices et de l’exclusion
« Le monde aujourd’hui est à la croisée des chemins : soit la communauté internationale apporte son appui aux pays en développement, pour qu’ils puissent avancer et assurer la sécurité et la stabilité dans leurs régions respectives, soit nous aurons tous à supporter les conséquences de la montée des démons de l’extrémisme, de la violence et du terrorisme, qu’alimente le sentiment d’injustice et d’exclusion, et auxquels aucun endroit au monde ne pourra échapper ».

Abdellatif El azizi
lecourrierdelatlas

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