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L’Algérie est assise sur un baril de poudre. Immobile devant le danger d’un basculement qui risque d'advenir. L’incapacité manifeste du président à diriger le pays n’empêche pas le gouvernement et ses laudateurs d’aller crier sur tous les toits que l’Algérie est en bonne voie. Contre le bon sens et les indicateurs économiques.

Entre ses apparitions-disparitions, le chef de l’Etat laisse à son premier ministre le soin de discourir contre l’évidence. Et à des plumes apocryphes d’écrire à sa place de biens étranges rodomontades.

Loué soit l’homme par qui la réconciliation, la paix et la prospérité sont arrivées au pays !!! Pourtant, ça ne tourne pas si rond que ça. Exemple ? Cette jeunesse dont le seul rêve est de quitter le pays. Le malaise des jeunes diplômés ou pas est des plus inquiétants. Et en l’espèce, la situation de cette frange de la société est, en effet, le meilleur indicateur de l’état réel économique et social de la société.

Les réformes nous dit-on sont pour certaines reportées à cause de la baisse du prix du pétrole. Comme si un jour le pouvoir avait quelque velléité de réformer le pays confortablement affalé sur la renté pétrolière depuis les années 1970. Toujours le pétrole ! Maintenant il y a également le gaz de schiste qui a mis en colère les gens du sud.

Pourtant, ces mêmes autorités ne cessent de répéter leur volonté de sortir de la dépendance à l’or noir. Questions : pourquoi alors assujettir les réformes au cours mondial du pétrole ? Faut-il plus d’argent pour instaurer une véritable démocratie avec des élus intègres ? Une justice indépendante du pouvoir exécutif ? Des services publics plus efficaces ? Une lutte implacable contre la corruption ? Assurément non.

Mais au-delà sur le plan politique. C’est décidément dans une inqualifiable paralysie que les Algériens attendent. Mais attendre quoi ? Certainement pas autre chose que le départ du système. Mais est-ce envisageable ? Pas sûr. En l’absence d’un contrepouvoir puissant, d’une société civile organisée, la question ne se pose même pas.

Le pouvoir a cassé un à un les ressorts de la solidarité politique. Il s’est employé à domestiquer les plus fragiles, corrompre les plus avides et à marginaliser ou pousser à l’exil les plus indomptables. Depuis l’arrivée de l’actuel locataire d’El Mouradia au pouvoir, le multipartisme a été chloroformé, les partis paralysés par une batterie d’interdictions de manifestations ou rassemblements, la presse, après avoir essayé de lutter, a cédé devant les menaces sonnantes du pouvoir.

L’opposition ayant donc laissé sa place vacante, ni les élus, ni les chefs de partis politiques ne jouent leur rôle. On a comme l’impression que le déjà semblant de démocratie tourne fatalement dans le vide.

Roublard, le pouvoir entretient cette paralysie et cette atmosphère que rien ne se passe. Pour susciter un réveil, il agit par des ballons-sondes. Des signaux intermittents relayés par une certaine presse qui lui est acquise. Celle-là même qui profite de la manne publicitaire, qui a les faveurs des tenants du pouvoir.

Immobile
Il y a quelque chose de malsain à cette situation. Le président parle de réformes depuis son discours d’avril 2011 sans la moindre avancée notable. On lui prête, à raison avouons-le, même la volonté de ne rien réformer mais surtout de durer. Car, quelqu’un se souvient-il de la commission Sbih pour l’administration ? La commission Mohand Issad pour revoir de fond en comble la justice ? bien que toutes les deux ont remis leurs conclusions, aucune n’a vu le fruit de son travail appliqué ne serait-ce qu’en partie.

On reparle cycliquement de la réforme de la Constitution promise par le chef de l’Etat depuis trois ans. Comme pour tout le reste, le président ne respecte aucune logique calendaire. Ni situation extérieure. Tous les chantiers demeurent centrés exclusivement sur sa propre personne.

Que l’Algérie prenne la direction de la contre-réforme, peu importe. L’essentiel est de maintenir la situation en l’état jusqu’à la prochaine catastrophe.

Abdelmalek Sellal, laudateur en chef du chef de l’Etat, vient de lâcher ce que tous les Algériens savaient déjà depuis belle lurette. La crise frappe aux portes de l’Algérie, consent le premier des ministres à reconnaître. Cet aveu d’échec pour cet homme à la tête de quatre gouvernements successif n’excusera pas sa responsabilité dans la situation actuelle.

Outre la crise économique qui se profile, les menaces aux frontières sont réelles. Grande nation devant l’éternel, l’Algérie n’a pas que des pays amis. La Libye est plongée dans le chaos. La Tunisie serait prête à accueillir des bases de l’Otan. Le Maroc a depuis longtemps rejoint le club fermé des monarchies moyenâgeuses du Golfe. La Mauritanie a depuis quelques mois montré des signes d’éloignement d’Alger et le Mali connaît l’un des pires épisodes de fragilité politique et sécuritaire depuis son indépendance en 1960.

Il urge que les bonnes volontés se saisissent du destin de ce pays. Car tout indique que le pire est à venir si la situation est maintenue en l’état.

Hamid Arab
LeMatinDz



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