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Un an après la condamnation en appel de Wafae Charaf à deux ans d’emprisonnement, 202 168 membres, sympathisants et militants d’Amnesty International, issus de 150 pays dans le monde, demandent la libération immédiate et sans condition de cette militante marocaine.

Wafae Charaf (28 ans) a affirmé avoir été enlevée et maltraitée par des inconnus après avoir participé à une manifestation ouvrière à Tanger, le 27 avril 2014. Elle a déclaré qu’on l’avait rouée de coups et menacée d’autres sévices si elle ne cessait pas de militer. Elle a porté plainte auprès des autorités judiciaires, qui ont ouvert une enquête sur l’agression dont elle déclarait avoir été victime mais, avant la fin de l’enquête, elle a été arrêtée, placée en détention et inculpée pour avoir porté plainte pour des faits qui n’ont pas eu lieu et pour dénonciation calomnieuse.

Le 12 août 2014, un tribunal de Tanger l’a condamnée à un an d’emprisonnement pour avoir porté plainte pour des faits qui n’ont pas eu lieu, pour faux témoignage et pour dénonciation calomnieuse. Il lui a également ordonné ainsi qu’à l’accusé jugé en même temps qu’elle de verser 50 000 dirhams (environ 6 000 USD) de dommages et intérêts à la police marocaine, alors qu’elle n’avait pas accusé les forces de l’ordre. Le 21 octobre 2014, sa peine a été portée à deux ans en appel.

Plusieurs dispositions du Code pénal marocain mettent en danger celles et ceux qui dénoncent des violations des droits humains et restreignent leur droit à la liberté d’expression. Les articles 263 et 264 du Code pénal définissent comme outrage à agent de la force publique la dénonciation d’une infraction imaginaire, et prévoient des peines allant d’un mois à un an de prison, assorties d’une amende. L’article 445 du Code pénal relatif aux fausses dénonciations et aux dénonciations calomnieuses prévoit des peines allant de six mois à cinq ans d’emprisonnement et des amendes. Amnesty International engage les autorités marocaines à saisir l’occasion qui leur est donnée par les réformes juridiques en cours pour procéder à une révision du Code pénal dans le respect des droits humains.

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