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Aujourd’hui, j’ai décidé de ne pas y aller par trente six chemins et de mettre carrément les pieds dans le plat.

Certains diraient que ça ne va pas me changer, mais je vous avoue très sincèrement que depuis quelque temps je me trouve un peu trop tendre, pire, trop consensuel, moi qui ai toujours eu horreur de tous les consensus et de tous les unanimismes. Aujourd’hui, j’ai une occasion en or que je n’aimerais pas laisser passer pour ne pas passer pour le petit bouffon qui essaye de faire rire tout en évitant de parler de choses sérieuses qui font réfléchir, de peur de périr. Mais, tant pis. J’y vais. A la guerre comme à la guerre.

Après tout, d’autres m’ont devancé, et eux ont beaucoup plus à perdre que moi. Bon, trêve de bavardage, et entrons dans le vif du sujet. Je suis sûr que le titre de cette chronique vous a mis la puce à l’oreille. En effet, il s’agit bien du pavé dans la mare aux réacs et aux ringards qu’ont jeté nos amis du Conseil national des droits de l’homme, CNDH, qu’on devrait désormais appeler «CNDHF». Je pense que c’est la première fois qu’on a parlé d’une manière claire et sans faux-fuyant des droits de la femme. D’ailleurs, j’aime bien cette éventuelle nouvelle appellation car HF, ça fait un peu penser à la «Haute Fréquence», ou ce qu’on désigne dans le monde de la diffusion radiophonique «les ondes courtes».

Et comme chacun sait, ou bien ne sait pas, la portée des ondes courtes est la plus grande car elle atteint plusieurs milliers de km (Attention, c’est un ancien professionnel de la radio qui vous parle). Bref, tout cela pour dire que la question de l’égalité et de la parité entre l’homme et la femme dans notre pays est devenue une nécessité absolue et que refuser d’en débattre ou en retarder le débat est d’une lâcheté lamentable et d’une mauvaise foi déplorable.

Si j’ai utilisé le mot « foi », c’est à dessein pour bien montrer que contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, l’inégalité entre l’homme et la femme n’est pas une question figée jusqu’à la fin du monde. Justement, le monde, que dis-je ? l’univers, a bougé depuis la création, depuis le big-bang ou depuis tout ce qu’on veut, et continuera de bouger jusqu’à l’indéfini et l’indéterminé. La femme d’il y a un million d’années, celle d’il y a un millénaire, celle d’il y a un siècle, et même celle d’il y a juste une dix ans, ne sont pas du tout identiques et pour une raison très simple : elles évoluent avec leur temps.

Or le temps où cette femme avait un statut mineur et qu’elle avait besoin obligatoirement d’un tuteur, est bel et bien révolu. Son rôle et sa participation dans la construction de la société, et en l’occurrence la société marocaine actuelle, sont tels aujourd’hui que, à part les aveugles du cœur, les sourds de l’esprit et, bien sûr, les faux dévots, personne ne peut nier qu’elle a autant de capacités que l’homme sinon plus. Or, le problème, c’est que la femme marocaine donne plus qu’elle ne reçoit alors qu’elle a souvent les mêmes responsabilités, et même plus, et donc les mêmes contraintes, et même plus, que son homologue mâle. Alors, doit-on continuer de faire comme si de rien n’était et de laisser les choses telles qu’elles étaient il y a des siècles, sous prétexte que vouloir modifier le Code de la famille, ou juste suggérer de le faire, dans le sens d’une égalité autant logique que biologique, serait un blasphème et un sacrilège. Ceux et celles qui pensent ainsi et qui refusent toute discussion et tout débat sur cette question sont souvent ceux-là et celles-là mêmes qui résistent à tout changement quel qu’il soit.

Or, qu’on l’admette ou pas, le changement est dans la nature de toute vie, et sans changement, aucune vie ne saurait être viable. Dans tous les cas, si certains ne veulent pas changer de position, la femme marocaine, elle, veut changer de statut, afin que ses droits soient enfin égaux à ses devoirs. Et c’est le devoir de toutes les personnes éclairées dans notre société de l’aider à atteindre cet objectif. Nous devons non seulement saluer l’audace du CNDH, pardon, du CNDHF, mais aussi et surtout être à ses côtés, rêver et se battre avec lui pour que plus jamais dans notre pays la femme ne soit l’assistée de l’homme ni son assistante, mais plutôt son égale et sa complice. Et je suis sûr que c’est ce que veut et ce qu’a toujours voulu notre Bon Dieu, juste et miséricordieux.

Dans l’attente, je souhaite à toutes les audacieuses et à tous les audacieux qui n’ont pas peur de bousculer les idées dépassées, un très bon week-end. Quant aux autres…

Un dernier mot sous forme de devinette pour rigoler un peu : si on appelle une portion de la matière suffisamment petite pour être considérée comme ponctuelle, une « particule », comment pourrait-on appeler un groupe suffisamment petit pour ne pas paraître minuscule ?

Par Mohamed Laroussi
Aujourdhui.ma











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