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En déplacement en Lorraine jeudi, François Hollande a pris un café chez Lucette Brochet, infirmière à la retraite. Ses détracteurs dénoncent un coup de com'.

"On est presque mieux qu'à l'Elysée, je peux vous le dire" : François Hollande sait se tenir. Le chef de l’Etat a profité d’un déplacement en Lorraine jeudi 29 octobre pour s’inviter chez Lucette Brochet, infirmière à la retraite de 69 ans, vivant à Vandoeuvre-lès-Nancy, commune de la banlieue nancéienne.

Assise en face du président, dans son tout nouvel appartement, la sexagénaire a raconté que son précédent logement était situé "dans une tour de huit étages" et "donnait sur les poubelles avec des rats". "Ici, je suis super bien!", s'est-elle réjouie en partageant un café avec son invité non moins ravi. A François Hollande qui l’a interrogée sur ses conditions de vie, Lucette Brochet a répondu avec humour :
C'est bon, comme il faut… Je ne vous demanderai pas de chèque."

"Ça, il ne fallait pas que je le dise"
Cette visite annoncée à la presse au dernier moment semblait plutôt sympathique, mais peu authentique, avec plusieurs ministres à table et des dizaines de spectateurs, voisins et journalistes, debout dans le salon de la dame. D’ailleurs, dimanche, BFMTV a ruiné l’image d’Epinal en allant interroger Lucette Brochet, dénonçant une "grosse mise en scène".

On apprend que la visite du président a été organisée à la demande du maire PS de Vandoeuvre, dont Lucette Brochet est une proche.
Mardi, il y a des gens de l’Elysée qui sont venus, pour poser des questions pour savoir si j’étais bien dans l’appartement, raconte-t-elle. Pour savoir ce que je devais dire et ne pas dire. [...] J’avais l’idée de dire qu’il s’occupait beaucoup d’immigrés, pas des clochards qui crèvent dans la rue, mais ça, il ne fallait pas que je le dise."
Les instructions proviennent selon elle du "gars de l’Elysée", qui lui aurait posé "les mêmes questions" que celles de François Hollande quelques jours après.

Question décor, c’est la mairie qui a organisé le dispositif. Elle avait prêté des chaises "le matin même" et avait fourni des fleurs à disposer sur la table. Lucette Brochet n’a même pas eu à préparer le café : c’est "un gars de la mairie" qui s’en est chargé. "Il a tout fait, il avait emmené les thermos et tout." Et même les tasses. La sexagénaire n’a pas été spécialement dérangée par cette mise en scène :
C’était génial. Je suis tombée sous le charme de monsieur le président."
"C’est un homme simple, sympathique et chaleureux. Il est avenant, convivial, on discute facilement avec lui", ajoute-t-elle encore dans une interview à "L’Est républicain".
"Indigne manipulation"
La bonne foi de Lucette n’a pas suffi à faire taire les sceptiques. Les opposants à François Hollande ont vivement critiqué sa mise en scène "ridicule". Plusieurs hommes politiques ont repris à leur compte la vidéo des coulisses réalisée par BFMTV, fustigeant une "indigne manipulation".
"Je lui ai conseillé de rester dans les clous"
Contacté par "L’Express", le maire de Vandoeuvre nie toute idée de manipulation politique. Stéphane Hablot se demande "quel est le scandale d'avoir apporté des chaises puisque Lucette n'en avait pas assez, et d'avoir préparé le café pour des raisons de sécurité".
Ça me fait marrer d'entendre dire qu'on aurait dit à Lucette de fermer sa gueule [au sujet des immigrés]. Parce que sur le fond et dans son raisonnement, je la rejoins !", confie même le maire.
L'Elysée a démenti être à l'origine du briefing. "Elle a plus de 65 ans, elle est fatiguée, elle a mélangé", a justifié Stéphane Hablot. C’est la préfecture qui l’a appelée pour lui dire la même chose que moi."

Il reconnaît toutefois qu'il y a eu une "préparation" : "Le café chez Lucette était plus spécifiquement consacré au logement. Le président de la République devait rester chez elle un quart d'heure. Je lui ai donc conseillé de rester dans les clous au niveau du temps, de ne pas parler d'autre chose que du logement."

Le Huffington Post rappelle par ailleurs que les visites de président chez des Français ne sont pas nouvelles. "Valéry Giscard d'Estaing s'invitait ainsi à dîner [mais sans caméra] chez des anonymes qui se chargeaient le lendemain de relater le fruit de leurs échanges", explique le site, tandis que François Mitterrand avait poussé le système jusqu’à se présenter chez l'habitant avec une caméra et un photographe.

A. S.
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