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Raphaël Devico a publié une monographie qui se veut un devoir de mémoire pour rappeler et transmettre aux jeunes générations l’apport des Juifs marocains à l’histoire de leur pays.

Tous les Marocains connaissent la famille Devico sans vraiment la connaître. Ces Marocains descendants de Juifs andalous chassés d’Espagne dirigent, depuis 1962, l’unité de conserverie "Aïcha" (confitures, concentré de tomate) et "Nora" (jus d’orange, petits pois, olives…).

Dans son livre, Raphaël Devico, qui fait partie de cette dynamique famille d’industriels restée au Maroc après l’indépendance, nous entraîne dans la saga de cette communauté en rappelant son apport à l’histoire politique, économique, culturelle et sociale du royaume.

Il y répertorie soigneusement et de manière chronologique les grandes figures du judaïsme marocain depuis leur installation au Maroc jusqu’à notre époque.

Le constat se veut implacable car s’il apparaît qu’ils ont contribué de façon remarquable à la civilisation de leur pays, leur nom a fini par tomber dans l’oubli faute de devoir de mémoire initié par l’Etat.

Malgré le fait que la communauté juive se soit rétrécie comme peau de chagrin au Maroc, l’auteur avance que ses 2.000 membres revendiquent toujours haut et fort leur marocanité dans un pays qu’ils habitent depuis près de 2.000 ans.

Revenant sur le départ massif de cette communauté au lendemain de l’indépendance, Raphaël Devico explique qu’ils sont partis car ils ne se sentaient plus bien dans leur maison.

Il poursuit cependant que le Maroc possède 1,2 million d’ambassadeurs à travers le monde qui sont toujours prêts à se mobiliser quand les intérêts de leur pays d'origine sont menacés.

Le titre du livre est à cet égard évocateur car si la majorité de ces Juifs ont pris leur envol vers d’autres contrées (Europe, Amérique, Israël), ils n’ont pas pour autant renié leurs racines.

Ils sont plus de 50.000 à revenir chaque année pour visiter la terre de leurs ascendants, les quelques parents qu’ils leur restent, leurs saints ou les tombes de leurs aïeuls.

L’industriel rappelle avec nostalgie et à l’envie qu’à une époque pas si lointaine, les communautés juives et musulmanes vivaient harmonieusement et que les différences de religion ne comptaient pas.

En cette période agitée d’intolérance, le livre de Raphael Devico est une piqûre de rappel utile pour ceux qui seraient tentés d’occulter l’apport séminal de cette communauté à son pays d’origine.

Sorti en mars 2015 en France, "Juifs du Maroc, des racines ou des ailes?" (427 pages) a été publié aux Editions Biblieurope. Il sera bientôt disponible dans les librairies marocaines et en cas de succès, l’auteur envisage même de le traduire en arabe et en hébreu.

Par Samir El Ouardighi 
Medias24













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