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Il est le fils de Mehdi Ben Barka, opposant à Hassan II enlevé à Paris et assassiné en 1965. Depuis, il se bat pour que la vérité éclate.

C’est un rituel depuis trois décennies. Devant la brasserie Lipp, boulevard Saint-Germain, tous les 29 octobre, à l’heure où la nuit tombe déjà sur Paris, des centaines de personnes se rassemblent pour saluer la mémoire de Mehdi Ben Barka, opposant à Hassan II, assassiné il y a cinquante ans. Toujours heureux de se retrouver entre compagnons de lutte. Toujours tristes de voir que la vérité se dérobe.

Bachir est au milieu d’eux. Il avait à peine 15 ans quand il apprit, au Caire, la disparition de son père. Depuis son arrivée en France, en 1970, il n’a cessé de poursuivre le combat pour connaître enfin la vérité sur l’un des derniers mystères de la Ve République. Ce 29 octobre, dans le chuintement d’un mégaphone d’un autre âge, il exprime une nouvelle fois cette exigence. Elle claque en trois phrases : « Qui sont les assassins de Mehdi ? Où est son corps ? Toutes les responsabilités ont-elles été établies ? »
Malgré le mouvement perpétuel qui animait Mehdi Ben Barka, malgré l’exil, la famille était restée unie
En tant que fils aîné, c’est lui qui garde le plus de souvenirs de son père. Malgré le mouvement perpétuel qui animait Mehdi Ben Barka (dans les années 1960, on le surnommait « la dynamo de la gauche marocaine »), malgré l’exil, la famille était restée unie. « On a bien profité de sa présence la dernière année, quand nous avons quitté le Maroc pour Le Caire », confie Bachir, qui réside aujourd’hui à Belfort et qui, comme son père, a suivi des études de mathématiques et une carrière d’enseignant.

Natif de Rabat, il avait accepté de rentrer au pays en 1999, après l’avènement de Mohammed VI. Depuis, il regrette que les militants des droits de l’homme qui ont accepté de participer au jeu politique classique n’aient pas tenu leurs promesses. « Notre exigence de vérité se double d’une exigence de justice. Les juges marocains doivent exécuter les commissions rogatoires de 2003 et 2005, restées sans réponse. Les témoins doivent être entendus avant qu’ils n’emportent leurs secrets dans la tombe. »  

Samy Ghorbal
Jeuneafrique



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