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Le communiqué de Daesh revendiquant les attentats du 13 novembre proviendrait d'une officine dirigée par une ultra-sioniste israélo-américaine. Dans le torrent d'informations relatives aux opérations terroristes commises le 13 novembre en région parisienne, l'une d'entre elles semble aujourd'hui aller de soi : dès le lendemain, l'État islamique -alias Daesh- aurait revendiqué les attentats.

La source de cette revendication ?
Il faut consulter les médias américains -notamment le New York Times et Time Magazine- pour découvrir l'identité exacte -curieusement omise par la presse française- de la première officine à dévoiler l'info : il s'agit de "SITE Intelligence Group".

Un lecteur confiant envers le sérieux supposé des journalistes mainstream pourrait ainsi croire, à la lecture de leur présentation de SITE, qu'il s'agit là d'un organisme de veille objectif et indépendant. Problème : c'est tout le contraire.

À l'origine -entre autres "découvertes"- de la vidéo de décapitation du journaliste israélo-américain Steven Sotloff et de la menace d'un groupuscule islamiste pakistanais contre François Hollande, le groupe SITE est plus proche d'une officine idéologique que d'un laboratoire indépendant de recherche universitaire.

Cette structure est liée au renseignement militaire américain et israélien ainsi qu'à la droite sioniste antimusulmane. Sa directrice et fondatrice se nomme Rita Katz.

Fille d’un Irakien exécuté sur la place centrale de Bagdad pour espionnage au profit de l’État hébreu, cette Israélo-Américaine est à la fois proche du FBI et de la mouvance sioniste. Après avoir collaboré (dès son arrivée aux Etats-Unis) avec une agence liée à la droite israélienne radicale et anti-islam, ("The Investigative project on terrorism"), elle a connu son moment de gloire en 2003, lors de la parution de son livre Terrorist Hunter dans lequel elle relata ses infiltrations dans les groupes islamistes (dans le style sensationnaliste et factuellement controversé de Mohamed Sifaoui). Celle qui estime que "les juifs appartiennent à Israël" est désormais réputée auprès des experts du terrorisme : la plupart des documents audiovisuels mensongèrementimputés à Oussama Ben Laden et relayés aux médias avaient été "découverts" par son "centre de surveillance des sites islamistes", parfois en tandem avec un autre groupe dénommé IntelCenter.

Cette antenne partenaire a également relayé en solo bon nombre de vidéos ou messages attribués à Al-Qaïda. En janvier 2001, son président, Ben N. Venzke, s’était fait remarquer sur la scène nationale en publiant un rapport détaillé sur le "cyber-conflit israélo-palestinien". IntelCenter était initialement une émanation de iDefense, un laboratoire dirigé par le chrétien évangéliqueJim Melnick, militaire alors chargé des opérations psychologiques auprès du secrétaire à la Défense – et "ami" déclaré du Likoud – Donald Rumsfeld.

Fondé en 2002, le site web du "service de surveillance" dirigé par Rita Katz et relayé sans sourciller par la presse occidentale a une particularité. Jusqu'en 2008, il était domicilié sur un serveur qui abritait également plusieurs plate-formes de la communauté juive américaine dont certaines avaient un caractère ultra-sioniste et/ou islamophobe. La même année, un quotidien britannique révéla par ailleurs qu'une photo présentée par SITE comme l'illustration islamiste d'un ravage nucléaire à Washington provenait en réalité d'un jeu vidéo.

Préparer le terrain
À propos des attentats du 13 novembre, le site de la radio américaine NPR souligne que SITE avait devancé l'annonce de la prétendue revendication de Daesh en rapportant -sous la plume de sa directrice Rita Katz et dès 0h53 (soit une demi-heure environ après l'assaut du Bataclan)- les "célébrations" des sympathisants djihadistes via leurs "canaux" des réseaux sociaux.

Quelques heures plus tard, à 11h46, le compte Twitter de SITE a développé et confirmé le billet de sa directrice en relayant la première "revendication" de Daesh.

Dans le même temps, la plate-forme internet de SITE a publié la traduction anglaise du communiqué en précisant explicitement (dans l'en-tête de l'article) qu'une désignation de leur organisation devait accompagner toute mention du communiqué imputé à Daesh.

Détail intéressant : à 11h47, un certain David Thomson, présenté par l'unanimité des médias français comme un "expert du djihadisme", a relayé un tweet divulgant la "revendication officielle" de Daesh qui fut publié - trois minutes seulement plus tôt- par l'un de ses "confrères", surnommé "VegetaMoustache".

Derrière le pseudonyme de celui qui fut le premier francophone à relayer le communiqué de Daesh se cache "Gilles N.", présenté par Le Parisien comme un "spécialiste des groupes jihadistes". Pour expliquer son intérêt sur la question, cet homme -digne de l'oeuvre de Rita Katz et qui refuse de dévoiler son identité- avait simplement déclaré l'an dernier à Slate être "intrigué par ces gens qui obéissent en 2014 à un texte aussi ancien" -en l'occurrence, le Coran.

Interrogé par les usagers de Twitter quant à ses sources d'information, "Gilles N" a botté en touche, affirmant qu'il s'agissait de "comptes twitter de l'Etat islamique". Relancé par des internautes agacés par ses évitements, le "spécialiste" a gardé le silence.

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