News

Le projet constitutionnel d'extension de la déchéance de nationalité mobilise de plus en plus les socialistes, y compris les figures tutélaires de la rue de Solférino. 

Mercredi, c'est l'ancien ministre Pierre Joxe qui prend la plume pour fustiger la réforme. Publié sur Mediapart, le texte est particulièrement cinglant à l'endroit de Manuel Valls. Le membre honoraire du Conseil constitutionnel dénonce «les mots crispés d'un oracle nerveux au regard sombre».

Citant un communiqué des Jeunes socialistes opposés à la réforme constitutionnelle, Pierre Joxe y voit «une bonne nouvelle». «La gauche est bien vivante!», s'exclame-t-il, référence à la mise en garde du premier ministre sur la mort de la gauche. «Elle est en pleine santé la gauche, jeune, claire et tonique», poursuit l'ancien ministre, ajoutant: «Ces jeunes socialistes ont bien raison de se tourner vers le Parlement, car en France, la loi ne découle pas d'un discours, même proféré à Versailles».

«La Constitution ne peut être modifiée que par un référendum ou par une majorité dite “qualifiée” de 3/5 des parlementaires et non par la bouche cousue d'un Conseil des ministres surpris», poursuit l'ancienne figure des années Mitterrand.

«Douce euthanasie» pour la réforme
Et à Manuel Valls qui estime que la gauche «s'égare» en s'opposant à l'extension de la déchéance de nationalité, Pierre Joxe rétorque que les ténors frondeurs «ne s'égarent pas comme le leur reproche ingénument un premier ministre feignant d'ignorer que, bien au contraire, c'est en oubliant leurs valeurs que de vieux socialistes “égarés” ont jadis déconsidéré la gauche, détruit pour dix ans leur parti et abattu la IVe République».

Pour le socialiste, «c'est bien notre “conception de la République”, invoquée à juste titre par les Jeunes socialistes, qui est en cause. Et qu'un socialiste adulte, encore jeune, mais déjà très mûr, puisse proférer qu'une “partie de la gauche s'égare au nom de grandes valeurs”, cela rappelle de vieux et mauvais souvenirs».

Pour la nouvelle année, Pierre Joxe fait le vœu d'une «douce euthanasie» au projet constitutionnel. Manuel Valls appréciera la réapparition aussi soudaine que furtive de son prédécesseur place Beauvau.






0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

 
Top