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Le Maroc a célébré mercredi, à l'instar des autres pays, la Journée internationale pour l'abolition de l'esclavage qui commémore l'adoption, le 2 décembre 1949, par l'Assemblée générale des Nations unies de la Convention pour la répression et l'abolition de la traite des êtres humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui.

Alors que l'esclavage a été aboli depuis longtemps, cette célébration constitue aujourd'hui, l'occasion de jeter la lumière sur les formes modernes de cette pratique déshumanisante qui sévissent dans plusieurs régions du monde, privant de nombreux êtres humains des droits les plus élémentaires à la liberté et à une vie digne.

Servitude pour dettes, servage, travail forcé, travail et servitude des enfants, trafic de personnes et d'organes humains, esclavage sexuel, utilisation d'enfants soldats, vente d'enfants, mariage forcé et vente de femmes et exploitation de la prostitution, sont autant de manifestations de l'esclavage au 21è siècle.

"Chaque jour, des filles très jeunes sont mariées de force. Certaines sont victimes de violences sexuelles, d'autres sont exploitées en tant qu'employées de maison. Vingt-cinq ans après l'adoption de la Convention relative aux droits de l'enfant, des garçons et des filles travaillent encore dans des conditions effroyables. Des hommes séparés de leur famille sont captifs, forcés de travailler dans des usines clandestines pour des salaires dérisoires qui ne leur permettront probablement jamais de rembourser leurs dettes", déplore le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.

L'Organisation, mobilisée pour combattre ce fléau, a mis en place plusieurs instruments, notamment le Fonds de contributions volontaires des Nations Unies pour la lutte contre les formes contemporaines d'esclavage qui fournit une assistance humanitaire, financière et juridique aux victimes.

La communauté internationale se trouve également confrontée, aujourd'hui, au phénomène de la traite des êtres humains qui constitue une forme de criminalité organisée internationale assimilable à de l'esclavage moderne. Ses victimes sont recrutées et emmenées d'un pays ou d'une région à l'autre par des trafiquants qui utilisent la tromperie ou la contrainte. Elles sont privées de leur autonomie, de leur liberté de mouvement et de leur libre-arbitre, et soumises à différentes forme de maltraitance physique et psychologique.

Si la forme la plus connue est l'exploitation sexuelle, des centaines de milliers de personnes sont aussi réduites à des pratiques comme le travail forcé, la servitude domestique, la mendicité des enfants ou le prélèvement de leurs organes.

Selon l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, la traite des êtres humains touche presque tous les pays du monde, comme pays d'origine, de transit ou de destination, et des victimes d'au moins 127 pays seraient exploitées dans 137 États.

En Europe, elle est l'une des activités illicites les plus lucratives. Elle rapporterait aux groupes criminels 3 milliards de dollars par an environ. Cela en fait un marché considérable pour les criminels qui profitent des personnes les plus marginalisées.

Conscient de l'ampleur de ce phénomène qui n'épargne aucun pays, le Maroc a renforcé l'arsenal juridique visant à le réprimer, à le prévenir et à le punir, à travers l'adoption, le 30 avril 2015, par le Conseil du gouvernement du projet de loi 27-14 relatif à la lutte contre la traite des êtres humains.

Ce projet de loi, qui s'inscrit dans la droite ligne des Hautes orientations Royales en matière d'élaboration et de mise en application d'une nouvelle politique nationale dans le domaine de la migration et d'asile, vise également à adapter la législation nationale à celles internationales en relation notamment avec les protocoles relatifs à la lutte contre la traite des êtres humains

Ledit texte comprend des définitions larges de la traite des êtres humains et les concepts de l'exploitation et de la victime conformément aux orientations adoptées à l'échelle internationale, notamment le Protocole de Palermo.

Il comprend également des condamnations et une procédure, en plus de mesures préventives qui adoptent le principe de protéger les victimes au lieu de les poursuivre, tout en condamnant les coupables et en aggravant les sanctions contre les auteurs de crimes sur les enfants, les femmes enceintes et les personnes en situation difficile. Le projet prévoit de même la protection des victimes, des témoins, des experts et des dénonciateurs.

Ce projet de loi comporte aussi des dispositions relatives aux mesures institutionnelles pour la lutte contre ce phénomène et la création d'une commission consultative auprès du Chef du gouvernement avec pour mission de présenter des propositions au gouvernement relatives aux questions de la lutte contre la traite des êtres humains, tout en veillant à présenter les mesures nécessaires pour appuyer les projets des associations d'aide aux victimes.

"Au XIXe siècle, la communauté internationale s'est mobilisée pour dénoncer l'outrage à notre humanité commune qu'est l'esclavage. Aujourd'hui, les États, la société civile et le secteur privé doivent s'unir pour en éliminer tous les avatars (...)", souligne Ban Ki-moon, exhortant la communauté internationale à faire tout son possible pour les millions de personnes qui, dans le monde entier, vivent en esclavage et sont privées de leurs droits fondamentaux et de leur dignité.

(MAP-01/12/2015)












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