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Wakeupnfo vous propose un dossier, en 10 parties, tiré de l’étude dirigée par Claude Moniquet de l’ESISC (2010) et de la communication faite le 07 octobre 2014 à New York, devant la 4ème Commission de la 69ème session de l'Assemblée Générale des Nations Unies.

Cet article permet de démontrer que les liens entre le délitement du Front Polisario et le développement du terrorisme au Sahel sont fondés et que l’effondrement du mouvement indépendantiste sahraoui alimente l’activité de l’AQMI. Si cette hypothèse reflétait à l’origine la simple crainte d’une dérive du Polisario, elle devient chaque jour un peu plus concrète, au point de faire désormais consensus chez les analystes de la situation sécuritaire dans la région.

Parie I
Depuis quarante ans, le conflit autour du Sahara agite l’Afrique du Nord et entretient les tensions entre le Maroc et l’Algérie. Les efforts de médiation soutenus par les Nations unies n’ont toujours pas abouti à un accord concernant ce territoire administré par le Royaume du Maroc.

Dans le même temps, la situation sécuritaire régionale a considérablement évolué depuis les attentats du 11 septembre 2001, qui ont donné un second souffle aux organisations terroristes islamistes comme le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC).

Depuis 2001, l’Afrique du Nord est confrontée à une explosion de la violence liée à l’islamisme radical sunnite. Selon un rapport auquel ont contribué l’ancienne secrétaire d’Etat américaine Madeleine Albright et l’ancien commandant suprême des forces alliées en Europe, le général Wesley Clark, le nombre d’attentats répertoriés dans la région a augmenté de plus de 400% depuis 2001.

Cette période a également été marquée par l’allégeance du GSPC à la mouvance d’Oussama Ben Laden lors de la création, en janvier 2007, de l’organisation Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). La mutation du GSPC en antenne régionale d’Al-Qaïda s’est accompagnée d’une nouvelle évolution de la violence avec l’arrivée, notamment en Algérie, d’attentats suicides de grande envergure.

Cette tendance s’est toutefois inversée en 2008-2009 avec une diminution du nombre d’attaques. La menace n’a pas pour autant baissé car l’activité terroriste s’est déplacée vers le sud et le Sahel, profitant de la porosité des frontières et du manque de coopération entre les Etats de la région. Cette évolution s’est notamment concrétisée par une recrudescence des enlèvements, et plus particulièrement de ressortissants occidentaux.

Cette récente mutation de la menace terroriste en Afrique du Nord donne au conflit du Sahara, localisé en plein cœur de cette zone d’instabilité, une dimension toute particulière qui en fait désormais un enjeu de sécurité majeur.

Illustrant cette inquiétude croissante, cinquante-quatre sénateurs américains ont enjoint la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton à redoubler d’efforts pour résoudre le problème du Sahara, présenté par les législateurs comme une « priorité de la politique américaine en Afrique du Nord ». Dans une lettre signée notamment par l’influente présidente de la Commission du Sénat sur le renseignement Dianne Feinstein et par l’ancien candidat à la présidence John McCain, les sénateurs démocrates et républicains évoquent « l’instabilité croissante » de la région et des « tendances inquiétantes » qui pourraient alimenter le terrorisme.

Au centre de ces préoccupations, on trouve le Front Polisario, mouvement indépendantiste armé, usé par plus de trente années d’une lutte vaine et incapable, aujourd’hui, d’offrir de réelles perspectives d’avenir à ses adhérents. Son inamovible secrétaire général, Mohamed Abdelaziz, reconnaît d’ailleurs la vulnérabilité de son mouvement. « Nous ne vivons pas dans une île et tout ce qui touche l’Afrique, le monde arabe et le Maghreb nous touche ! Il se peut que l’attente, les déceptions ainsi que les idées ayant cours au Maghreb puissent toucher quelque peu notamment la jeunesse. Il se peut qu’il puisse se trouver de jeunes Sahraouis intéressés par l’islamisme radical », déclarait-il déjà en 2005.

En s’appuyant sur une étude approfondie de sources ouvertes – articles de la presse régionale et internationale, rapports d’ONG, d’organisations internationales et de centres de recherche indépendants – et d’entretiens avec des témoins de l’évolution du Polisario et des acteurs de la sécurité régionale en Afrique du Nord, il existe des liens indéniables entre le Front Polisario et l’AQMI.

C’est un constat sur ce qu’est devenu le Polisario, une évolution du terrorisme dans la région ainsi que des indices qui illustrent les connexions entre le Front et l’AQMI permettent de dire dans quelle mesure la récente évolution du mouvement indépendantiste sahraoui a participé au développement du terrorisme dans le Sahel.

Wakeupinfo
Tiré de l’étude dirigée par Claude MONIQUET Président de l’ESISC / Mai 2010
Copyright© ESISC 2010




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