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Wakeupnfo publie un dossier, en 10 parties, tiré de l’étude dirigée par Claude Moniquet de l’ESISC (2010) et de la communication faite le 07 octobre 2014 à New York, devant la 4ème Commission de la 69ème session de l'Assemblée Générale des Nations Unies.

Partie II
Les origines du conflit du Sahara remontent à l’installation, en décembre 1884, d’un protectorat espagnol dans les régions de Saguiet al-Hamra et du Rio de Oro, qui est intervenue dans le cadre de la conférence de Berlin (1884-1885) sur le « partage de l’Afrique » par les puissances européennes.

Au lendemain de son indépendance, le 2 mars 1956, le Maroc entreprit de récupérer les territoires disloqués par la colonisation et, faisant valoir ses droits historiques, revendiqua ainsi la souveraineté du Sahara du Sud marocain.

Soumise à une intense pression de la communauté internationale, l’Espagne commença à rétrocéder des territoires occupés au Maroc. Cela débuta en 1956 avec la rétrocession de la région du Nord (Tétouan, Nador), puis en 1958, avec celle de la région de TanTan et Tarfaya. Ce n’est qu’en 1969 que Sidi Ifni, située sur la côte atlantique, sera cédée par Madrid. Cependant, le Sahara du Sud marocain, pourtant présent depuis 1963 sur la liste des Nations unies des territoires à décoloniser, demeura sous protectorat espagnol.

C’est dans ce contexte qu’un groupe de séparatistes Sahraouis, séduit par le modèle socialiste, algérien créa le 10 mai 1973 le Frente Popular de Liberación de Saguía el Hamra y Río de Oro, ou Frente Polisario4. Se fondant sur l’existence d’un peuple sahraoui et sur son droit à l’autodétermination, il réclama l’indépendance du Sahara. Parallèlement, les revendications marocaines se faisaient de plus en plus insistantes comme l’illustre la Marche verte, organisée le 6 novembre 1975, à laquelle participèrent pacifiquement 350 000 Marocains.

Le 14 novembre 1975, le gouvernement espagnol signa les accords de Madrid qui établissaient les conditions de la rétrocession légitimement du Sahara au Maroc. Le Front Polisario rejeta ces accords et annonça la création, le 27 février 1976, d’une « République arabe sahraouie démocratique » (RASD).

Dans le même temps, le mouvement mit en place, avec l’aide de l’Algérie, une structure organisationnelle pyramidale de type marxiste avec, à sa tête, un secrétaire général assisté d’un exécutif de neuf membres appartenant à un bureau politique composé de vingt-et-un membres.

Le Polisario se lança dans une lutte armée sanglante contre les forces marocaines. Ces combats provoquèrent le déplacement de quelques milliers de Sahraouis vers des camps installés dans la région de Tindouf, dans le territoire Algérien.

Les séparatistes du Polisario ont eu un soutien militaire de l’Algérie et, dans une moindre mesure, de celui de la Libye, pour remporter quelques victoires appliquant une stratégie de guérilla. La mouvance des séparatistes sahraouie (APLS) s’estompa au début des années 1980 lorsque le Maroc prit la décision de construire un « mur de défense ».

Cette barrière de sable pouvant atteindre trois mètres de haut et reliant des positions fortifiées donna aux forces armées marocaines un avantage stratégique en leur permettant d’imposer à l’adversaire le choix du champ de bataille. Pendant toute la durée de construction du mur de défense (de 1980 à 1987), l’APLS dut abandonner sa stratégie de guérilla et fut réduite à tenter de percer la barrière, sans véritable succès.

En 1991, un cessez-le-feu fut signé par le Maroc sous l’égide des Nations unies. La MINURSO, mission des Nations unies pour un référendum au Sahara marocain, fut créée pour veiller au respect du cessez-le-feu et, comme son nom l’indique. Depuis, une série de hauts représentants des Nations unies comme l’ancien secrétaire d’Etat américain James Baker se sont impliqués dans le processus, sans qu’un accord sur la forme du vote ne puisse être trouvé.

A l’occasion du trentième anniversaire de la Marche verte, le roi Mohammed VI annonça le lancement d’un processus de consultation interne sur une autonomie du Sahara occidental qui a débouché sur des propositions concrètes. Rabat a présenté ainsi en avril 2007 un projet d’autonomie élargie pour le Sahara occidental prévoyant l’élection d’une administration locale avec notamment un parlement. Salué par les Nations unies, l’Europe et les Etats-Unis comme une proposition « sérieuse et crédible5 », le plan marocain a pourtant été rejeté par le Polisario.

L’envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental, Christopher Ross, déclarait en effet à l’issue de nouveaux entretiens informels entre le Maroc et le Polisario que « les propositions des deux parties ont encore été présentées et débattues. A la fin de ce meeting, aucune des deux parties en présence n'a accepté la proposition de l'autre comme base de négociations futures ».

Wakeupinfo
Tiré de l’étude dirigée par Claude MONIQUET Président de l’ESISC / Mai 2010
Copyright© ESISC 2010









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