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Après cinq jours de procès qui ont mis en exergue les invraisemblances de la thèse de la légitime défense, le gardien de la paix Damien Saboundjan a été acquitté.

L’affaire avait enflammé l’entre-deux-tours de la présidentielle de 2012. Amine Bentounsi était tué d’une balle dans le dos par le gardien de la paix au commissariat de Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis).

Le verdict
Depuis les faits, ce dernier a toujours affirmé avoir agi dans le cadre de la légitime défense. Ce vendredi 15, l’avocat général requiert cinq ans de prison avec sursis. A 20 h 30, le président prononce le verdict : le policier est acquitté. Dans la salle, une large partie du public scande alors : « La justice acquitte, la police assassine ».

Les quatre « Oui » ont claqué dans la salle d'audience mais personne n'a compris l'ampleur de cette quadruple affirmation. Après cinq jours d'audience et six heures trente de délibéré, la Cour d'assises de Bobigny vient, contre toute attente, d'acquitter le gardien de la paix Damien Saboundjan, accusé d'avoir abattu Amine Bentounsi d'une balle dans le dos, lui concédant la légitime défense.



Le faux témoignage
Mardi, la police avait fait venir pour sa défense un témoin qui leur a littéralement explosé en pleine face. Déjà, l’homme ne s’était pas pointé à la bonne date, il était venu un jour à l’avance, mais puisqu’il était là, le juge avait accepté son témoigne.

Lorsqu’il lui fut demandé de lever la main droite pour jurer de dire la vérité, il leva son bras en faisant le salut fasciste, ce qui a choqué la salle. L’individu avait des propos incohérents, il bougeait beaucoup devant un micro réglé à son minimum d’intensité. Le juge devait répéter plusieurs fois ses questions, et sous différentes formes, pour avoir enfin des réponses qui n’étaient pas toujours cohérentes. 

L'homme a parlé de racailles, que c’était à lui qu’on en voulait ce jour-là, puis il partait sur des propos qui n’avaient absolument rien à voir avec le procès. Le juge devait à chaque fois le ramener à l’affaire pour laquelle il était censé témoigner, sous le regard impassible de l’accusé et de son avocat. À un moment, après un flot de paroles incompréhensibles, il a levé de nouveau le bras en faisant de nouveau le salut fasciste pour jurer, devant le juge de plus en plus perplexe, que ce qu’il disait était vrai.

Le spectacle était si pathétique qu’il a fait pouffer de rire une partie de la salle. Lorsque l’avocat de la famille l’a interrogé à son tour, ce dernier a dû également reposer inlassablement, et sous différentes formes, ses questions pour avoir des réponses. Avec une grande patience et beaucoup de pédagogie, l’avocat de la famille a mis le témoin des policiers devant ses propres contradictions.

Poussé derrière ses derniers retranchements, le « témoin » des policiers finit par admettre, du bout des lèvres, qu’il n’avait rien vu et qu’il mentait du début à la fin.

Les bouffonneries de l’homme étaient si évidentes que l’avocat du policier renonça, quant à lui, à l’interroger, ne se contentant que d’une question sans intérêt, juste pour la forme.

L’ambiance, déjà passablement lourde aux abords de la salle d’audience, se tend encore un peu plus. Nadir Dendoune, journaliste indépendant et documentariste, s’était installé sur les bancs réservés à la presse. Alors que les autres journalistes vont et viennent sans entrave, un policier lui quémande sa carte de presse, estimant visiblement que sa place, en tant qu’Arabe, est plutôt du côté des parties civiles… « On appelle ça un vulgaire contrôle au faciès », éructe-t-il devant les nombreux policiers en faction à l’entrée des assises.

Twitter révolté

A l'annonce de cette décision de justice, Twitter s'est de suite mis à commenter la nouvelle. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les twittos ne sont pas contents. Une grande majorité déplore cet acquittement et rapproche la justice française à la justice américaine, où les faits divers causés par la police remuent les rues et les médias très régulièrement.

Arlette Colin






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