News

Les djihadistes et leurs commanditaires ont d'ores et déjà atteint l'un de leurs objectifs : monter une partie des Français contre les autres. Jugés collectivement responsables des attentats de janvier et de novembre par tout un pan de la classe politique et des médias sous contrôle, les musulmans sont la cible d'agressions physiques ou verbales en nombre croissant.

Le constat que nous faisions il y a exactement un an garde toute son actualité : la haine anti-Islam ne fait que progresser dans notre pays et elle a été particulièrement virulente pendant le premier semestre et à la fin de l'année 2015, en particulier au moment des manifestations de soutien aux victimes de Charlie Hebdo et du Bataclan. Elle est plus largement le résultat de politiques discriminatoires faisant des musulmans des citoyens de seconde zone : pénalisation du port de signes religieux, contrôles policiers au faciès, discrimination à l'embauche.

Les musulmans sont aujourd'hui de vrais parias et cette situation ne semble pas gêner l'exécutif qui ne ménage pas sa peine pour les stigmatiser toujours plus sous couvert de défense de la laïcité. Comme le rappelle Raphaël Lioger, l'islamophobie est soutenue et même encouragée par l'État qui cherche à tirer profit du choc des civilisations. La question que nous posions il y a un an garde aussi son actualité : à qui donc profite le crime ?

D'après le dernier rapport de l'Observatoire National contre l'islamophobie, on a compté trois fois plus d'actes ou de menaces contre les musulmans en 2015 qu'en 2014. Cette recrudescence est à relier aux attentats djihadistes de janvier à Paris, explique l'Observatoire, qui a recensé 103 actions (dégradations de lieux de culte, violences...) et 227 menaces (tracts, propos injurieux...) visant les musulmans entre janvier et septembre 2015, contre respectivement 45 et 45 pour la même période en 2014. Les agressions se sont concentrées dans le premier semestre, en particulier dans les trois premiers mois de 2015, dans la foulée des attentats et des manifestations qui ont suivi (222 plaintes d'après les données fournies par le Ministère de l'Intérieur).

En seulement 12 jours, du 7 au 20 janvier 2015, ont été recensés pas moins de 128 actes antimusulmans (33 agressions et 95 menaces). La même série noire s'est reproduite après les attentats de novembre : explosion des dégradations de lieux de culte, d'agressions physiques et verbales contre des personnes, dans l'espace public ou sur les réseaux sociaux. Le rejet de l'Islam est banalisé à tel point qu'aujourd'hui se déclarer islamophobe ne suscite quasiment aucune réprobation.

Certaines personnalités encouragent même ceux qui hésiteraient à franchir le pas. Quid de ceux qui auraient l'imprudence de se déclarer antisémite ? Et à droite, certains responsables politiques vont même jusqu'à vouloir interdire le culte musulman en France, considérant sans doute que leurs pratiquants ne font pas partie intégrante de la population française.

Pourquoi tant de haine alors que les musulmans, faut-il le répéter, sont les premières victimes du terrorisme ? Les élites politico-médiatiques sont partie prenante de cette vague islamophobe qui leur permet de gagner le soutien de l'opinion publique dans les guerres de reconquête du Moyen-Orient, en particulier dans celle menée en Syrie. L'idéologie du choc des civilisations relayées par les médias sous contrôle, Charlie Hebdo en tête, vient à point nommé pour justifier les agressions militaires de pays souverains. Aujourd'hui la Syrie, demain l'Iran ?

Nicolas Bourgoin 
Bourgoin Blog

Commentaire : Reprenons la définition Wikipédia de l'expression "diviser pour régner" :
« En politique et en sociologie, diviser pour régner est une stratégie visant à semer la discorde et à opposer les éléments d'un tout pour les affaiblir et à user de son pouvoir pour les influencer. Cela permet de réduire des concentrations de pouvoir en éléments qui ont moins de puissance que celui qui met en œuvre la stratégie, et permet de régner sur une population alors que cette dernière, si elle était unie, aurait les moyens de faire tomber le pouvoir en question. »

Il y a bien une peur sous-jacente à toutes les actions de nos dirigeants. Et il ne s'agit pas de l'angoisse de l'échec politique à proprement parler. Il s'agit plutôt de la peur de perdre un pouvoir et des privilèges généralement acquis à coups de mensonges et de compromissions. Il s'agit de la peur plus profonde d'être découvert et démasqué, d'être pris pour ce que l'on est vraiment : une imposture vivante, inutile pour la bonne marche de la société.

Et si pour éviter cela, puisqu'il est ici question de survie, il faut dresser les gens les uns contre les autres, cela sera fait.

Source





0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

 
Top