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Nous reprenons 5 prédictions catastrophes à l’américaine, pour le monde en 2016, proposées par Bloomberg. Les scénarios ont été légèrement modifiés ainsi que les notations sur 10 : une pour la probabilité du scénario et une pour sa gravité.

1. Le pétrole à 100 dollars
Une série d'évènements néfastes se succède : l'Etat islamique lance des attaques contre des infrastructures pétrolières clé ; la production mondiale est également perturbée par une recrudescence de violence dans le delta du Niger. L'OPEC ne peut pas augmenter la production pour contrecarrer ces effets. Le pétrole grimpe à 100 dollars, la Chine entre en récession, les alternatives au pétrole voient un regain d'investissement.

Probabilité : 5/10. Chacun de ces évènements a une probabilité relativement élevée, mais la probabilité qu'ils aient tous lieu dans l'espace de 12 mois est faible.

Gravité : 2/10. Une explosion du prix du pétrole, alors que l'économie mondiale, et notamment chinoise et européenne, est en position de fragilité, mènerait probablement à une récession mondiale. Mais l'exploitation des gaz de schiste se renouvèlerait et le prix du pétrole baisserait progressivement à nouveau.

2. Le changement climatique s'aggrave
2016 devient une nouvelle année de chaleur record. Les dérèglements climatiques s'accroissent. De nombreux incendies en Asie du Sud-Est perturbent la vie économique, sociale et politique. Une crise de l'eau secoue l'Afrique, et le plus gros réservoir construit par l'homme, à la frontière entre le Zimbabwe et la Zambie, ne peut plus produire d'électricité. Les récoltes et les vendanges en Europe s'effondrent. La sécheresse atteint l'économie américaine, et un hiver très rude pousse le président des Etats-Unis à instaurer un état d'urgence.

Probabilité : 1/10. Les événements climatiques extrêmes sont par définition impossibles à prévoir. Mais ceux-ci semblent effectivement augmenter depuis quelques années à cause du changement climatique, et la possibilité d'une accélération et d'une aggravation du phénomène est tristement crédible.

Gravité : 9/10. Il y aurait sans doute une récession économique mondiale. Mais plus largement, l'incertitude qu'une aggravation du changement climatique créerait, et l'absence de solutions à court-terme, plomberait sérieusement la situation économique et politique mondiale.

3. La Syrie reprend le contrôle de tout le territoire

Vladimir Poutine prend le contrôle de la Syrie en organisant une transition qui renforce le régime d'Assad, dans le cadre d'une coalition internationale contre l'EI menée par la Russie. Les États-Unis sont écartés du jeu et décrédibilisés. Les flux de migrants vers l'Europe s'amenuisent et Angela Merkel, déjà pro-russe, cède à ses lobbies économiques et détricote les sanctions économiques placées sur la Russie depuis son invasion de la Crimée. Poutine obtient tout ce qu'il veut : l'Ukraine est à lui sans conséquences négatives, la Russie étend son influence au-delà des anciennes frontières de l'Union soviétique, il marginalise les États-Unis dans le jeu international.

Probabilité : 7/10. Poutine est très intelligent et joue le jeu géopolitique avec beaucoup de talent ; a contrario, l'administration Obama s'est toujours faite dépasser par Poutine depuis le début. Un tel scénario est donc fortement crédible.

Gravité : 1/10. Les conséquences à court-terme ne seraient pas très graves, voire légèrement positives économiquement avec la fin de la crise des migrants et des sanctions contre la Russie. Mais à long terme, elles seraient très graves, car les États-Unis seraient décrédibilisés dans leur rôle habituel de superpuissance garante de l'ordre géopolitique international, avec des répercussions graves -sur l'Otan et la Chine notamment- difficiles à anticiper.

4. Une série de cyber-attaques contre le système financier
Des hackers lancent une attaque coordonnée contre le système financier mondial. La compromission du système de compensation -celui qui valide les transactions financières- met en jeu la crédibilité de tous les marchés financiers, dont le fonctionnement est interrompu. Le dollar et les valeurs financières s'effondrent, les actifs-refuge comme l'or et l'immobilier haut-de-gamme explosent.

Probabilité : 1/10. Les risques liés aux cyber-attaques sont très importants étant donné la complexité des systèmes informatiques contemporains.

Gravité : 2/10. L'attaque en tant que telle, mais surtout la baisse de crédibilité des institutions financières et des systèmes informatiques en général qui sous-tendent l'activité économique, mèneraient sans doute à une récession mondiale.

5. La fin de l'Union européenne

L'Europe est frappée par une série de flux de réfugiés et de migrants du Moyen-Orient continuent à croître. Angela Merkel est poussée à la démission à cause de sa décision d'accueillir les migrants. Le FN se rapproche du pouvoir ainsi que les autres mouvements populistes à travers l'Europe. La crise renouvelle les peurs sur l'euro. La monnaie unique et Schengen, et progressivement toutes les institutions européennes, se détricotent.

Probabilité : 0/10. La probabilité d'attaques terroristes tonitruantes dans un monde globalisé reste toujours élevé, ainsi que celle que la crise des migrants continue de renforcer les mouvements populistes ; mais les institutions européennes ont déjà résisté à une crise très grave avec plus de robustesse qu'on aurait pu le croire a priori.

Gravité : 5/10. Le détricotage désordonné de l'UE mènerait à une crise politique et fondamentale en Europe. Mais la fin de la monnaie unique et de l'Union économique de la première zone économique au monde mènerait à une crise économique mondiale. A terme, cependant, la fin de l'euro permettrait la relance de la plupart des économies européennes.

Arlette Colin
Wakeupinfo avec atlantico.fr



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