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A défaut de quelque chose de consistant à mettre sous la dent des Algériens à la fin de son long règne, le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, leur impose une énième révision de la constitution, comme pour nous dire qu’il est possible de vivre de constitution et d’eau fraiche.

Abdelaziz Bouteflika a déçu, c’est le moins que l’on puisse dire, parce qu’il a fait tout et n’importe quoi en dépensant 800 milliards de dollars en quinze ans, sans pouvoir pour autant réussir l’essentiel, sortir l’Algérie de son sous développement chronique. Il a trouvé le pays dépendant à 95 % du pétrole, il le laissera là, avec en plus une constitution archaïque !

Après un long suspense, Abdelaziz Bouteflika a dévoilé enfin son projet de révision de la constitution par la bouche de son chef de cabinet, Ahmed Ouyahia, si prompt à aller au charbon. Pire encore, Ahmed Ouyahia n’éprouve aune gêne à défendre l’indéfendable, ou à avancer une chose et son contraire.

Dans ce projet, on remarque d’emblée qu’il n’y a rien de tout ce que nous ressassait ces derniers mois le sieur Amar Saadani, autre homme des sales besognes devant l’Éternel. Ainsi, l’État civil, pour ne citer qu’un exemple, n’était en fait qu’une vue de l’esprit de l’homme à la derbouka.

Mais c’est assurément la limitation du nombre de mandats du président de la République qui a étonné plus d’un. Heureusement que le ridicule ne tue pas, sinon tous ceux qui avaient participé de près ou de loin au viol de la constitution en 2008 passeraient de vie à trépas.

Ainsi donc, après une gestation qui aura duré plus quatre ans, la montagne a accouché d’une souris. Les promesses de "réformes profondes" faites par le chef de l’État en 2011 dans un discours pathétique n’étaient donc que des vœux pieux.

Ceux qui croyaient qu’Abdelaziz Bouteflika allait sortir la constitution du siècle ont en eu pour leur compte par ces temps de vaches maigres. Quant aux autres, les pragmatiques, ils savaient depuis longtemps qu’il n’y avait absolument rien à attendre de quelqu’un qui est venu assouvir une vengeance vieille de 37 ans.

Comme tous les peuples qui se respectent, les Algériens auront eux aussi une constitution digne de ce nom, ce n’est qu’une question de temps. Le temps que mettront ces hommes de pouvoir pour partir et les hommes d’État pour venir. En attendant, savourons à notre façon la gouvernance d’Abdelaziz Bouteflika, parce qu’elle est unique au monde, et elle risque même de ne plus se reproduire, ici ou ailleurs !
LeMatinDz



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