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L’actualité politique vient de rappeler la Koutla à notre bon souvenir. Cette coalition de partis historiques issus du Mouvement national était donnée morte et enterrée. Toute tentative de réactivation serait donc en parfait décalage par rapport à l’évolution de la situation politique, avec ses alliances, ses mésalliances depuis plus de deux décennies.

Les leaders des partis fondateurs, l’USFP, l’Istiqlal et le PPS ne sont pas de cet avis. Ils viennent de renouer le dialogue dans le cadre de cette structure jusqu’ici congelée. Dans un effort très remarqué d’actualisation et de réhabilitation, ils ont même entrouvert la porte d’entrée au PJD.

La rencontre organisée par le journal Al Michâal, le jeudi 7 janvier 2016, a servi de plateforme de lancement médiatique. La présence, combien visible, de Mustapha El Khalfi, en sa qualité de ministre PJD, a focalisé toutes les attentions. La Koutla élargie est donc née. Enfin, presque. Nabil Benabdellah, qui semble être le coordinateur et la cheville ouvrière de ce projet, estime que cette ouverture est nécessaire. Dès lors qu’elle s’impose par la nature du moment et qu’elle s’inscrit dans les intérêts supérieurs du pays.

De leur côté, Hamid Chabat et Driss Lachgar ont considérablement adouci leurs propos à l’égard de Abdelilah Benkirane et de la politique de son gouvernement. Les secrétaires généraux de l’Istiqlal et de l’USFP ont même été jusqu’à reconnaître que l’Exécutif a réalisé des résultats moyens. Un “passable” qui vaut son pesant de voix, en plus ou en moins, c’est selon. Comme qui, rien n’est définitif en politique.

Quant à Mustapha El Khalfi, il s’est voulu rassurant pour l’avenir, lorsqu’il a considéré que les craintes d’une islamisation partisane des rouages de l’État étaient sans fondements. Pour preuve, dit-il, moins de 4% des hauts fonctionnaires nommés par le gouvernement, sont membres ou sympathisants du PJD. Une manière de dire que le Maroc ne peut, en aucun cas, être dans un schéma à l’égyptienne.

Il est évident que le rapprochement Koutla-PJD participe des préparatifs, en avant-première, pour l’échéance législative de l’été 2016. Ses promoteurs s’y prennent à temps. Est-ce pour autant qu’une nouvelle configuration de la scène politique serait en train de se mettre en place ? Ce serait aller trop vite en besogne. En plus des recadrages entre les composantes de la nouvelle coalition, il reste à définir le aux autres parties prenantes. Nabil Benabdellah a tenu à préciser que les formations politiques qui voudraient rejoindre cette Koutla nouvelle formule, seraient les bienvenues.

Une invite qui tient lieu d’éléments de langage politique plus que d’un véritable appel au ralliement. Si tant est que de l’autre côté de l’échiquier, une coalition symétrique est en train de se constituer autour d’un PAM locomotive, entraînant, principalement, le RNI et le MP. Avec le risque, consenti ou pas, pour ces deux partis de devenir solubles dans la préparation PAM.

Par Abdellatif Mansour








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