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Les paléogénéticiens des universités de Leeds et de Porto ont fait une découverte pour le moins surprenante. En effet, tous les hommes descendent d'ancêtres communs ayant peuplé la péninsule arabique.

Après être née en Afrique, l'humanité a donc fait une première étape dans l'Arabie heureuse, après avoir franchi la mer Rouge. Jusque-là, les grands experts des migrations humaines pensaient que la division des troupes s'était plutôt faite au Proche-Orient et en Afrique du Nord.

Que cela plaise ou non à certains, tous autant que nous sommes, Français, Américains, Esquimaux, Chinois, Papous ou Amazighes, nous descendons tous d'ancêtres communs ayant peuplé la péninsule arabique !

L’hypothèse fait suite à la découverte d'un indic qui se cache par milliers dans chacune de nos cellules : la mitochondrie. Ce minuscule organite, qui officie en tant que centrale énergétique de nos cellules, possède son propre ADN. Comme les chromosomes, il peut muter. Ainsi, quand les généticiens observent exactement la même mutation chez deux peuples différents, ils peuvent en conclure que ceux-ci partagent un passé commun.

En comparant l'ADN mitochondrial prélevé sur des centaines d'individus à travers le monde et dans la péninsule arabique, les chercheurs sont parvenus à la conclusion que tous les hommes, hors les Africains, ont tous effectué un passage de plusieurs milliers d'années très certainement, en Arabie. Voilà pourquoi nous sommes tous des Arabes et fiers de l'être. L'étude est parue dans American Journal of Human Genetics.

Éden Arabie
Voilà donc comment il faut réécrire l'histoire de l'humanité : après avoir surgi il y a quelque 200 000 ans en Afrique de l'Est, l'homme moderne (homo sapiens) a commencé par se répandre dans toute l'Afrique, se fragmentant en de nombreuses populations. La vie était belle et la nourriture largement disponible jusqu'au jour où une tribu s'est mise en tête d'aller voir si le soleil ne brillait pas davantage ailleurs.

Elle a donc franchi la mer Rouge et débarqué sur la péninsule arabique. Jusqu'ici, on pensait que le premier passage avait dû avoir lieu, entre - 70 000 et - 40 000 ans. Mais la découverte d'outils façonnés par l'homme moderne datant de 106 000 ans repousse donc la conquête d'au moins 30 000 ans !

On a même trouvé le lieu de débarquement, dans le sultanat d'Oman. Il faut dire qu'à l'époque le climat arabique était humide : à la place d'un désert les nouveaux arrivants ont trouvé un paradis terrestre constitué de grandes prairies. L'occupation de ce nouvel Éden aurait duré plusieurs millénaires avant que l'homme ne poursuive sa conquête du monde. D'abord en empruntant la route du Sud-Est asiatique s'achevant en Australie, puis celle de l'est jusqu'au Japon, puis enfin la route du Nord, vers le Proche-Orient, puis l'Europe atteinte voilà environ 40 000 ans.

Depuis sa venue au monde dans un petit bled africain, l'homme n'a cessé d'avoir la bougeotte. Les migrations font partie de sa nature. L'Europe et encore plus la France, située à son extrémité ouest, n'ont pas arrêté d'être enrichies par des vagues d'immigrants. Il n'y a pas de raison que cela cesse... Source : Lepoint.fr

L'Archéologie confirme
Publiant fin 2010 ses travaux dans PLoS ONE, une équipe internationale a découvert dans le sultanat d’Oman des outils vieux de plus de 100.000 ans, qui semblent confirmer l’idée de plus en plus répandue d’une sortie d’Afrique de sapiens via l’Arabie, et non pas via le Sinaï.

Une équipe internationale d'archéologues et de géologues, dirigée par le Dr Jeffrey Rose, de l'Université de Birmingham, après dix ans de recherches dans les montagnes du Dhofar (sud du Sultanat d’Oman, dans le sud-est de la Péninsule arabique), a mis au jour quelque 800 artéfacts – de longues lames de pierre triangulaires, notamment – de la culture dite nubienne (Paléolithique moyen), répartis sur plus de 100 nouveaux sites.

Récapitulons
Tout être humain à la surface du globe est, en son lieu de résidence, un immigré africain de nième génération, sauf bien sûr celui habitant près du foyer de l’humanité en Afrique. Et selon des paléogénéticiens, à part les Africains de souche, nous sommes tous de descendance arabe, nos ancêtres ayant très certainement effectué un passage de plusieurs milliers d’années en péninsule arabique avant d'essaimer petit à petit dans le reste du monde.

Si cette théorie est confirmée, parmi les immigrés maghrébins récents d’Europe, ceux qui sont de souche africaine (y compris les Nord-africains : Égyptiens, Libyens, Tunisiens, Algériens, Marocains et Mauritaniens) ne sont pas d’origine arabe, à l’inverse de tous les Européens, descendants des Homo Sapiens arrivant en Europe entre -35 000 et -40.000, ce qui fait, en moyenne 1375 générations.


Arlette Colin
Wakeupinfo

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