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Suite aux regrettables [1] attentats terroristes du 13 novembre 2015, la Puissance Publique a instauré sur l’ensemble du territoire national un état d’urgence digne des meilleures dictatures, lequel légitime ses innombrables atteintes à la liberté d’expression et aux droits de l’homme, passées, présentes et à venir. 

À défaut d’avoir été préméditée, cette situation d’exception – que ses promoteurs souhaitent toutefois prolonger outre mesure – se révèle néanmoins terriblement profitable au Régime en place.

Ne sachant pas plus que ses prédécesseurs comment résoudre les problèmes économiques des Français, celui-ci se contente d’exploiter les tragiques événements, faute de pouvoir les déjouer, en promettant qu’on ne l’y reprendra plus et qu’il sera à l’avenir le garant des biens et des personnes. Par une politique sécuritaire conforme aux aspirations de la droite populiste, en fin de mandat et en période électorale, le supposé Gouvernement de gauche escompte ainsi limiter les dégâts des urnes en brûlant l’herbe sous les pieds de ses adversaires politiques.

Les forces dites de l’ordre, toutes catégories confondues, sont indéniablement frustrées de ne pas avoir assez souvent le dernier mot dans certains quartiers, de manquer de moyens et d’être bridées par leur hiérarchie. Sur les milliers de perquisitions administratives ordonnées par les Préfets et leur Ministre de tutelle[2] en dépit de tout bon sens, les « forces de l’Empire »[3] et autres portions de B.R.I. [4] ont donc beau jeu de se défouler vigoureusement à dix ou vingt contre un sur ceux que bon nombre d’entre eux abominent viscéralement. Il est notable qu’en dépit de leurs Services de Renseignements présentés comme performants, les résultats frisent le ridicule : Aucune prise probante, des gardes à vue excessives et beaucoup d’assignations à résidence injustifiées voire cassées par le Conseil d’État. Ces erreurs de casting et autres dérives bénéficiant d’une étonnante bienveillance, il est évident que ces brimades n’ont pour vocation que d’apaiser le petit peuple qui veut la peau des « islamistes ».

Les véritables délinquants et les provocateurs professionnels ne sont pas nés de la dernière pluie. Ils se savent surveillés et, s’attendant aux incursions policières de jour comme nuit, s’arrangent pour ne jamais rien laisser trainer de répréhensible ou de compromettant chez eux. Quand les descentes ont effectivement lieu, ils n’opposent pas la moindre résistance et attendent tranquillement que l’orage passe, en clair que la maréchaussée s’en retourne bredouille la queue entre les jambes. Ils se paient parfois même le luxe de médiatiser leurs exploits, de porter plainte contre les Autorités et de se faire indemniser pour les dommages occasionnés, à valeur réelle si ce n’est majorée.

Les faibles, les naïfs et autres insouciants parmi la Communauté Musulmane pensent quant à eux que leur innocence doublée de leur foi – encore que cette dernière a pour les véritables Croyants des vertus miraculeuses insoupçonnées – va les protéger de la méchanceté humaine. Ça leur fait tout drôle le jour où ils sont réveillés manu-militari au beau milieu de la nuit et sont exhibés, menottés et en slip, devant leur famille et leur voisinage. Ce dernier, notamment, est bien souvent à l’origine des dénonciations, ayant constaté chez le bounioul [5] un changement d’apparence physique ou d’habitude. Et que dire des conséquences sociales des interpellations voire des incarcérations sur les plans relationnel et professionnel, quand bien même elles se révèlent par la suite infondées. Les témoignages ahurissants de ceux qui sortent anéantis de cette pénible expérience abondent, mais qui s’en soucie ?

Certains sont tellement traumatisés par ces agressions qu’ils vont jusqu’à envisager de venger leur humiliation « radicalement », avec les conséquences fâcheuses qui en découlent.[6] Fort heureusement, les réactions de la plupart des victimes d’injustice se résumeront à de l’aigreur et à de petites incivilités envers ceux qu’ils tiennent pour responsables de leurs dommages, mais certains estimeront que l’irréparable a été accompli et qu’ils n’ont plus rien à perdre. Aï, aï, aï ! Personne ne demande à nos fins stratèges de rester les bras croisés quand des exactions sont commises sur le territoire qu’ils sont censés protéger, ni de laisser courir les véritables coupables, mais quant à déclencher une répression aveugle contre une « communauté-bouc-émissaire-idéal » et par là même alimenter la haine intercommunautaire, ça ce n’est vraiment pas malin. C’est irresponsable et pire que mieux.

Daniel-Youssof leclercq
Source : uam93.com
[1] Ce qualificatif est devenu indispensable pour que les propos qui suivent ne soient pas interprétés comme de l’apologie.
[2] Celui de l’Intérieur et des Cultes, le petit chauve promoteur de l’Instance de Dialogue avec l’Islam de France qu’affectionnent les « meilleurs des nôtres ».
[3] En inévitable référence à Star Wars épisode VII qui sort actuellement sur les écrans.
[4] BRI (Brigade de Recherche et d’Intervention), pas de quoi en faire un fromage.
[5] Désolé pour cette expression pas jolie-jolie.
[6] Précisons encore ici qu’il s’agit d’un constat et non d’une incitation, sait-on jamais.



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