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Il est sûr et certain que la nouvelle constitution, adoptée ce dimanche 7 février, ne fera pas long feu en raison notamment de son caractère antidémocratique.

Après plus de quatre années de consultations, de débats et de faux débats, beaucoup d’Algériens ont cru naïvement que le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, allait leur sortir un texte qui restera dans les annales de la politique algérienne. C’était sans compter, toutefois, avec la dernière volonté d’un homme qui entend gouverner comme bon lui semble, en s’accaparant tous les pouvoirs et en éliminant tous les contre-pouvoirs.

En parcourant ce projet de révision de la constitution, n’importe quel quidam sera sidéré, en effet, par les pouvoirs exorbitants octroyés au chef de l’Etat. Au point de se demander d’ailleurs s’il ne manquait que cela à un homme impotent.

Plus grave encore, le chef de l’Etat veut refaire une virginité à une constitution qu’il avait violé lui-même en 2008. Du jamais vu à travers le monde ! A croire que la constitution est devenue un joujou aux mains des présidents algériens.

Voulant sûrement aller plus loin que tous ses prédécesseurs, Abdelaziz Bouteflika pousse l’outrecuidance jusqu’à revenir à la limitation des mandats présidentiels et à interdire à ses successeurs de toucher à "ça". "Licite pour moi, illicite pour vous", tel semble être le message d’Abdelaziz Bouteflika à ses successeurs.

Dans sa folie des grandeurs, Abdelaziz Bouteflika semble même oublier que sa génération est en voie de disparition, que l’avènement de la démocratie en Algérie est inéluctable et que "sa" constitution sera révisée par le premier président démocrate intronisé à El Mouradia. Si Abdelaziz Bouteflika s’est permis le luxe de réviser à trois reprises la constitution par la voie parlementaire, qui interdirait à son successeur de réviser lui aussi ce texte, surtout s’il opte courageusement pour un référendum ?

Une chose est maintenant sûre, Abdelaziz Bouteflika a gagné plus de quatre ans avec un projet qui n’en est pas un. Pour le reste, c'est-à-dire jusqu’à la fin de son mandat en 2019, il comptera sur les responsables du football pour tenir les Algériens en haleine avec la coupe d’Afrique des nations en 2017 et la coupe du monde en 2018.

Quand nous aurons fini avec ces coupes et leurs sensations fortes, nous découvrirons alors et à coup sûr que le problème de la succession a été résolu et qu’il nous reste juste d’aller plébisciter l’heureux successeur.

Ahcène Bettahar









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