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Jusqu’au dernier réveillon, les soirées festives se la coulaient douce à Cologne sous les tireuses de bière qui, à flot, désaltéraient les gosiers allemands, grands amateurs de ce breuvage. 

Désormais la fête à Cologne est associée à la soif sexuelle des Arabes. Oui, les Arabes. Car les cinq millions de turcs qui vivent sous le ciel germain, depuis des décennies, n’ont jamais été coupables d’un acte collectif de prédation sexuelle aussi inédit. Les Allemands pointent le Maghrébin récemment et indûment infiltré dans le sillage des flots de refugiés.

Cet épisode est un véritable Trauma infligé à un peuple qui s’est singulièrement montré accueillant. Au point que le carnaval de la ville, traditionnellement bon enfant, doit se dérouler, cette semaine, sous haute surveillance policière. Les forces de l’ordre seront mobilisées pour inhiber la libido maghrébine excitée par la chair germaine. La liberté d’une femme, pour ces hommes en chaleur, incapables de se retenir, est assimilée à la légèreté des mœurs et à la disponibilité. Un homme, nous apprend Camus, ça s’empêche.

Du coup et par métastase, toutes les capitales européennes s’interrogent sur la prédation sexuelle des ces hommes débridés qui aiment, plus que tout, mettre le voile à leurs femmes tout en convoitant la femme des autres. C’est tout particulièrement en France que la résonnance est la plus forte. On y parle de la « nuit des fauves » sur le mode de « la nuit de cristal » et on y qualifie l’évènement comme « une expression presque chimiquement pure du choc des cultures »

Najat Vallaud Belkacem est désormais un des points de mire privilégiés de l’opposition française.
Le départ de Taubira l’a mise à découvert et en a fait la nouvelle pièce de choix pour les snipers de la droite. D’autant que les adversaires du mariage pour tous ont des comptes à régler avec elle. Comment ? Une française d’origine maghrébine qui a eu l’audace, que dis-je, le culot d’être un aficionado de la loi du genre, du mariage gay et de la gestation pour autrui durant son ministère des droits des femmes. Fichtre! Cet affront ne saura rester impuni. L’occasion était donc trop belle lorsque la ministre a fait preuve d’une certaine atonie, sur un plateau télé, face un barbu obtus qui refuse de saluer les femmes et qui a ostentatoirement tergiversé dans la condamnation de DEACH. Le déchainement de réprobations de ses adversaires n’a eu d’égal que le silence de ses amis. Bonjour la galère.

Le piège se referme sur François Hollande. 
Le ténor de la synthèse a provoqué une profonde diérèse dans la société avec cette affaire de déchéance de la nationalité. Il est entrain de perdre sur les deux tableaux. En plus de puissantes voix de gauche d’Attali, Rocard, Taubira, Aubry, Piketty, jusqu’à Mélenchon, les Verts et les Cocos, il a provoqué une fracture inédite dans son propre parti. Si ce n’était que cela. De puissants barons de l’opposition dont Juppé, Fillon et prés d’une centaine de députés s’élèvent maintenant contre ce qu’ils qualifient d’« opération d’enfumage ». Bonjour le débat.

Un film événement
C’est ainsi qu’est annoncé « Chocolat » qui retrace l’histoire d’un clown noir qui a connu la gloire dans le Paris de la belle époque. Il fut croqué par Toulouse Lautrec et filmé par les frères Lumière, avant d’être enseveli, d’abord dans la misère et, jusque-là, dans l’amnésie collective.

A l’origine du projet, un réalisateur français d’origine marocaine, Rochdy Zem. L’atout maître du film, c’est l’acteur français d’origine sénégalaise, le bankable du moment, Omar Sy.

C’est la seconde fois que des réalisateurs issus de l’immigration affrontent avec une certaine audace l’oubli. Abdellatif Kechiche avec « Venus noire » et aujourd’hui ce duo franco-sénégalo-marocain. En arrière-plan et mine de ne pas y toucher, ils zooment, avec une lumière crue, sur une certaine idéologie mortifère de la France impériale.

Coïncidence, un jeune réalisateur noir vient de remporter le grand prix du jury et du public au festival de Sundance, parrainé par Robert Redford. Le film traite d’une révolte des esclavages en Virginie au 19e siècle. Crânement et avec toupet, le réalisateur a intitulé son film « Naissance d’une Nation » comme en écho, exactement cent ans plus tard, au film outrageusement raciste de David. W. Griffith « Brith of a Nation ».

Par Driss Ajbali
Sociologue et activiste associatif, membre du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger
Source : Quid.ma





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