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Ouarzazate, Foum El Oued, Al Marsa, Tanger Med et les nouveaux visages de la diplomatie marocaine illustrent des changements de fond dans la conception et la mise en œuvre politique au Maroc

Parce que rien ne rassure plus les citoyens que de voir leurs gouvernants prendre de bonnes décisions, il est utile de revenir sur le projet Noor de Ouarzazate, les investissements en cours du côté de Laâyoune et de Boucraâ, les noms des nouveaux ambassadeurs du Maroc et du style de management chez TMSA.

Noor aujourd’hui relève de la même vision stratégique que le projet Tanger Med il y a plus de 10 ans. Au nord, il fallait capitaliser sur une situation géographique et un potentiel logistique rare; au sud, pour un pays sans pétrole, il s’agit du choix de l’énergie solaire.

Tanger Med, son port et ses zones industrielles se développent de manière brillante. A Ouarzazate, le plus grand projet d’énergie solaire au monde fera qu’en 2030, le Maroc couvrira 52% de ses besoins grâce aux énergies renouvelables. Remarquable.

Les visions Tanger Med, Ouarzazate et Laâyoune-Foum El Oued-Al Marsa sont à saluer, car elles dénotent véritablement d’une gouvernance stratégique.

Sur le cas de Tanger Med, la tenue fin janvier d’une journée dédiée à la logistique avec les usagers, partenaires et investisseurs pour un brainstorming ouvert, dénote une manière moderne et dynamique de discuter des problèmes existants et d’y apporter les solutions possibles.

Montrer Laâyoune et garder l’écoute
A Laâyoune ces derniers jours, ce qui a été lancé transformera profondément et positivement l’économie, la société et l’image de la région. Sur ce dernier point, il faut dire que la ville est très bien tenue, avec l’atmosphère d’une ville moyenne marocaine normale. Pour cela, il faudrait ne plus jamais refuser la visite à Laâyoune à quiconque : qu’il soit un élu de Podemos, un social-démocrate suédois, un diplomate algérien ou sud-africain.

Cela ne signifie pas qu’il ne faille pas écouter les habitants et leurs critiques sur les cartes de l’Entraide nationale ou la marginalisation du rôle de l’Agence du développement du Sud, alors que les structures des régions ne sont pas encore opérationnelles.

Outre la visite de la ville et la rencontre avec les élus, les cadres de l’Agence de développement du Sud et la société civile, il faudra désormais systématiquement proposer aux visiteurs politiques de découvrir le port de Laâyoune, le projet Foum El Oued et les installations d’Al Marsa.

Non seulement la ville est d’une telle normalité qu’il en est presque absurde d’insister sur ce point, « mais d’autres villes marocaines ou mauritaniennes pourraient en être jalouses », me souffle un ancien de Tindouf, né de parents Mauritaniens et aujourd’hui jeune entrepreneur, roulant en 4X4 à Laâyoune.

Ensuite, il y a Foum El Oued et Al Marsa. Rabat et OCP sont en train d’y créer un mini-Jorf Lasfar amélioré. C’est-à-dire des installations industrielles et logistiques comme au sud d’El Jadida, avec centre de recherche, lycées spécialisées et université polytechnique Mohammed VI en sus.

Le triangle Laâyoune-Foum El Oued-Al Marsa a tout pour devenir demain un Jorf Lasfar-Tech Valley au service du Maroc et de ses partenaires africains et internationaux.

Une place financière plus crédible
Il reste encore deux autres points dans ce Maroc qui change. Tout d’abord l’arrivée de femmes réputées pour leur compétence et efficacité depuis un quart de siècle sur la scène nationale.

Nezha Hayat à l’Autorité marocaine des marchés des capitaux (AMMC, ex-CDVM) après Miriem Bensalah à la CGEM et des ambassadrices à Londres et à Lisbonne.

Techniquement, la tâche qui attend Mme Hayat est ardue : il s’agit de marier investissements, gains financiers, éthique et respect des règles. Ni plus ni moins. Il s’agit, et cela devenait urgent, de rendre sa crédibilité à la place de Casablanca. Un pays qui veut se développer et une économie qui veut créer des richesses et des emplois doivent disposer d’une place financière qui ne souffre aucun doute.

Ambassades, femmes et partis politiques
Mais maintenant la diplomatie marocaine au niveau de ses ressources humaines a clairement choisi de passer à une vitesse supérieure.

Les changements dans la diplomatie marocaine sont illustrés par trois profils. Celui d’Amina Bouayach tout d’abord, pressentie pour aller à Stockholm.

Un profil parfait de militante socialiste et des droits de l’homme, ancienne collaboratrice de Abderrahman El Youssoufi, que l’on envoie dans un pays où le féminisme, les droits de l’homme et l’égalité des chances constituent des piliers de la diplomatie.

Une analyse similaire peut être appliquée à la nomination à Copenhague de Khadija Rouissi, militante des droits de l’homme et féministe et députée du PAM.

Celui de Abdeslam Aboudrar ensuite, pressenti pour l’ambassade de Londres. Peu connu du grand public, cet ingénieur, ancien de Kénitra, a travaillé à la CDG, avant de s’occuper de l’instance de lutte contre la corruption. Rigoureux comme un ingénieur et généreux comme un homme de gauche, Abdeslam Aboudrar a depuis longtemps mis vanité et ego au placard, donnant peu d’intérêt aux biens matériels. Son « truc », ce sont son pays et des valeurs.

Enfin, il y a Ahmed Réda Chami pressenti pour Bruxelles et l’Union européenne. Ancien cadre supérieur de Microsoft pour l’Afrique et l’Asie du sud-est, député et ancien ministre de l'Industrie et du commerce, ayant « grandi » à l’USFP depuis le berceau et diplômé de Stanford, l’homme connaît les arcanes de la politique et de l’économie d’aujourd’hui.

Pour décider du vaste mouvement diplomatique, Rabat a fait appel à une méthode nouvelle : demander aux partis politiques représentés au Parlement de faire des propositions. Cela permet d’élargir le cercle de candidats possibles au-delà du strict ministère, d’avoir un éventail de choix et d’impliquer et de faire participer des personnalités du PJD (Réda Benkhaldoun, Kuala Lumpur), du PAM (Khadija Rouissi) ou du PPS (Mhammed Grine, Beyrouth). 





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