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L'industrie cinématographique marocaine est méconnue. Au vu de certaines analyses ou réactions, on serait presque tenté de dire inconnue.

Le paradoxe dans ce monde arabe où le cinéma égyptien, terre du "Bollywood" arabophone, triomphe, parfois plus en quantité qu'en qualité, c'est que l'observateur occidental - voire le critique de cinéma, ce qui intrigue davantage - notamment francophone effectue plus d'erreurs d'appréciation concernant le Maroc que la terre des pharaons.

Le Maroc a jadis rendu d'énormes services au cinéma européen, avec ses décors à couper le souffle et ses figurants de Ouarzazate. L'écrivain et metteur en scène italien Pierpaolo Pasolini s'y étant lui-même rendu, à l'instar de Bernardo Bertolucci (réalisateur de Un thé au Sahara).

La vie culturelle au service du cinéma est intense au Maroc
Si on fait un tour d'horizon, la vie culturelle au service du cinéma est intense au Maroc. L'organisation annuelle du Festival de Marrakech le démontre.

Le problème de l'apparition du Maroc sur grand écran est que, énormément de réalisateurs ou pire encore de maisons de production projettent l'image voyeuriste, racoleuse d'un Maroc à peine digne du petit écran.

Le problème de l'apparition du Maroc dans les médias réside aussi dans la présence récurrente de Marrakech et de Casablanca. Autre poncif : le Maroc se réduirait à un simple champ touristique sur le plan économique.

De plus, il s'agirait uniquement de satisfaire un tourisme de masse se contrefichant des possibilités de découvertes strictement culturelles. Il faudrait d'ailleurs préciser à ce genre de touristes que la capitale du Maroc est bien Rabat. Et non point Casa. Les films Marock, Fugues marocaines, Much loved ne font pas progresser le niveau général d'appréciation du royaume nord-africain. Ces trois longs métrages réalisés par des Français, Franco-marocains ou des Allemands comme si le Maroc à travers le cinéma ne pouvait pas se faire représenter dans sa dimension autochtone à travers un prisme avantageux : lui-même.

Le pays de la "Marche Verte" a les moyens de s'auto-suffire en matière de cinéma

Hélas, le film policier Mektoub mené de main de maître par le metteur en scène Nabil Ayouch n'est pas vraiment connu du grand public occidental bien pensant se contentant des démonstrations de gnaouas et de fantasias.

Le Maroc, c'est aussi une nation ayant matière, de par son histoire et ses paysages, à fournir d'excellents sujets de documentaires comme à travers la série nationale Toubkal.

Toutefois un Français a récemment eu l'idée de présenter la nation marocaine autrement qu'en attrape-touristes bobos incultes. Il s'agit d'Antoine de Maximy dans sa série reportage "J'irai dormir chez vous".

Une immersion touchante dans le quotidien. En toute humilité et remplie de bon sens non dépourvu d'humour. Une forme de recul positif. Espérons qu'il n'ait pas prêché dans le désert.

Bien que le désert, si cher à Théodore Monod, permettrait à beaucoup de se consacrer à la réflexion...









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