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Le dinar poursuit sa dégringolade. Ce matin, au Square de Port Saïd à Alger, qui fait office de Bourse du change parallèle, l’euro est proposé à 192 dinars. Le dollar est proposé à 169 dinars.

C’est la première fois que l’euro atteint ce niveau. Fondamentalement, ce taux ne se justifie pas. Certes, l’euro est à 119 dinars sur le marché de change officiel. Mais il est loin de ses records face au dinar (121,07). Une seule explication peut justifier cette envolée : les fuites de capitaux et le manque de confiance dans le dinar. La baisse des revenus du pétrole qui devrait se poursuivre va accélérer la dépréciation de la monnaie nationale.

Face à l’incapacité du gouvernement à aller vers une véritable diversification de l’économie et à lutter contre l’informel, la dépréciation du dinar apparaît comme la seule solution technique à la portée des autorités pour réduire le déficit et freiner un peu la consommation et donc les importations.

Les investisseurs étrangers boudent
C’est dans ce contexte que le rapport de la Direction du Trésor français relève une forte baisse des investissements directs étrangers en Algérie, particulièrement français. Depuis 2012, les groupes français n’investissent plus chez nous. Et les autres étrangers suivent vu que c’est généralement la France qui montre le chemin à suivre.

Les investissements directs étrangers ont chuté de 44% en 2014 pour s’établir à 1,5 milliard de dollars contre 2,7 milliards de dollars en 2013. En 2013, les flux d’IDE avaient déjà régressé de 12,8%, selon la même source.

Paradoxalement, en 2013 et jusqu’à juin 2014, le pétrole était au plus haut, avec des prévisions très optimistes sur les prix. Mais un élément semble avoir perturbé les investisseurs : la maladie du président Bouteflika et son hospitalisation en France. Cette hospitalisation a montré la fragilité d’un système et suscité des interrogations sur la succession de Bouteflika. Des interrogations qui restent d’actualité.

En 2016, la tendance devrait se confirmer, voire s’accélérer. Dans les cartons, très peu de projets sérieux sont en cours. Le gouvernement met en avant des projets dans le montage de véhicules. Mais, au-delà de l’image, ces investissements sont insignifiants : de l’ordre de quelques millions d’euros par projet. Ils auront également très peu d’impact sur l’économie nationale, vu leur très faible taux d’intégration.


Inquiétudes des médias internationaux
En plus de la détérioration du climat économique, à cause de la chute des prix du pétrole, les investisseurs risquent d’être refroidis par la multiplication de rapports inquiétants sur la situation en Algérie. Des médias internationaux majeurs, parmi lesquels The Economist, le New York Times, Financial Times et le Washington Post, ont tour à tour publié ces derniers jours des articles dans lesquels ils s’interrogent sur l’avenir de l’Algérie.

Unanimes, ces médias, très influents auprès des décideurs politiques et économiques mondiaux, pointent des problèmes de gouvernance, avec la maladie du président Bouteflika. Ils s’interrogent aussi sur la capacité du gouvernement à faire face à la crise majeure qui s’abat sur le pays.

Source : TSA







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