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Nous venons de recevoir un communiqué de presse de la plus haute importance. Les 23 et 24 février 2016, à Rabat, aura lieu un atelier de sensibilisation aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique. Jusqu’ici tout va bien.

Alors continuons. Cet atelier écolo est organisé par l’Agence nationale pour le développement des énergies renouvelables (Aderee) et le ministère des Habous et des Affaires islamiques. Je sens que votre cerveau commence à avoir des nœuds, mais détendez-vous, jusqu’ici tout va bien.

L’année 2016 étant placée sous le signe de l’environnement avec la COP22 à Marrakech qui aura lieu courant novembre 2016, et le vert étant la couleur de l’Islam, quoi de plus naturel que de voir cette agence et ce ministère s’associer pour cet événement. L’imam de la mosquée de Ketama s’interroge toutefois sur l’absence de l’Agence de développement des provinces du Nord et de l’Agence nationale des plantes aromatiques et médicinales sise à Taounate.

Imams en mode couteau suisse
Mais jusqu’ici, malgré mes petites facéties, tout va bien. Là où ça devient rock’n’roll c’est le passage sur les cibles de cet atelier. L’objectif est de former les imams, les morchidines et les morchidates au fonctionnement des « technologies liées aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique ». En bonus, ils auront droit « aux arguments scientifiques et religieux » dans ce domaine.

Lors des prochaines prières du vendredi, inutile de tenter de poser une colle à votre imam sur la longueur des pales d’éoliennes ou sur le rendement des panneaux photovoltaïques. Ils vont même devenir experts en efficacité énergétique. De quoi rendre nos mosquées plus vertes encore.

En quelques mois, nos imams ont donc pris du galon. En plus de diriger la prière, ils sont chargés de contrer la radicalisation au sein de nos coreligionnaires, d’aider nos agriculteurs en priant pour la pluie (salat al istisqa), et dorénavant de maitriser la consommation des ampoules. Il manquerait plus qu’on les forme aussi à l’élevage de poules pour contrer la grippe aviaire. Mais on n’en est pas encore là. Jusqu’ici tout va bien.

La question que tout le monde se pose
Mais pourquoi diable, tournez une info sérieuse en dérision ? Qu’ai-je encore fumé en cette journée de vendredi ? Bon ! Soyez honnêtes, si j’avais publié une brève annonçant l’événement de manière aussi ennuyeuse qu’une nécrologie, vous ne l’auriez probablement pas lu et n’auriez surement pas retenu l’intérêt de cet événement haut en couleur, où se mêlent le vert de l’écologie et le vert de l’islam. Un atelier qui ne réduit pas l'imam au rôle strictement religieux mais comme acteur social central au même titre que l'enseignant, ou l'éducateur social.

Alors ? Vous voyez bien que jusqu’ici tout va bien. Le plus dur ce n’est pas la chute mais l’atterrissage.

Bouchta Jebli
Yabiladi











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