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La Cour de cassation a confirmé le non-lieu rendu dans l’enquête sur la mort d’Ali Ziri suite à une interpellation musclée par la police à Argenteuil en 2009.

Emblématique, la mort d’Ali Ziri appartient, désormais, à la litanie des victimes d’interpellations musclées que la justice française ne prend jamais en considération.

C’est une immense déception pour la famille d’Ali Ziri et ses défenseurs qui se battent depuis plus de six ans pour faire reconnaître la responsabilité de la police française dans la mort de ce retraité de 69 ans.

Fermement maintenu et littéralement « plié » par trois policiers, le septuagénaire avait été transporté à l’hôpital inconscient (mort !), une heure et demie après son arrivée au commissariat.

L’avocat de la famille Ziri, se dit déçu par l’absence de réponse à plusieurs critiques qui avaient été formulées dans le pourvoi contre l’arrêt de Rennes et l’ordonnance des juges d’instruction. Ainsi, la Cour de cassation n’a pas répondu à la question du caractère approprié de la technique d’immobilisation d’Ali Ziri. Sur le fond, l’avocat déplore qu’il « n’y a pas eu de vraie instruction, tout n’a pas été mis en œuvre par les juges d’instruction successifs pour faire la lumière sur ce décès ».

La famille Ziri compte mettre en cause la responsabilité de l’État, en faisant valoir auprès du ministère de l’intérieur le préjudice qu’elle a subi. En outre, l’avocat entend saisir la Cour européenne des droits de l’homme pour faire condamner la France.

Les policiers d’Argenteuil, trois gardiens de la paix, ont reconnu avoir utilisée la technique dite du « pliage » pour maintenir Ali Ziri durant le trajet vers le commissariat. Cette technique est formellement interdite depuis la mort en janvier 2003 d’un Éthiopien expulsé par la police aux frontières (PAF). Ils n’ont pourtant jamais été inquiétés sur ce point.

Malgré les multiples demandes de la famille, les trois juges d’instruction qui se sont succédé sur ce dossier n’ont jamais auditionné les policiers concernés. Ils n’ont pas entendu les témoins présents ce soir-là au commissariat. Ils n’ont réalisé aucune reconstitution. Ils n’ont pas non plus jugé utile de visionner la bande des caméras de la cour du commissariat (Mediapart).

L’État policier
Désormais, la police française a le droit de tuer les citoyens en toute impunité. Problème qui a fait l’objet de plusieurs rapports d’Amnesty International. C’est l’inscription du permis de tuer des policiers dans la loi que le Gouvernement a choisi. Un policier qui n’est plus justiciable est une menace pour la démocratie.

La vidéo, ci-dessous, est malheureusement toujours d’actualité sur l’Etat policier raconté par Coluche. « Un policier qui fait son devoir tire toujours sur un Arabe en tombant dans son dos (...) Expliquez-moi, ce que les policiers foutent dans le dos des Arabes avec un revolver à la main et à chaque fois il tombe ! »


En France, la peine de mort a été abolie en 1981, mais le permis de tuer existe toujours. Les violences policières et les crimes policiers rythment la vie des bidonvilles et des quartiers populaires depuis des dizaines d’années. Avec plus de dix morts connus par an, leur actualité demeure brûlante.

Le titre du rapport d'Amnesty International rendu public est sans équivoque : « France : des policiers au-dessus des lois ». L'organisation des droits de l'Homme dénonce « l'impunité » dont bénéficient selon elle certains membres des forces de l'ordre. Les plaintes pour homicide, passage à tabac, injure raciste et usage abusif de la force par la police «ne sont pas souvent suivies d'enquêtes effectives » et « les responsables de ces actes sont rarement traduits en justice » accuse le rapport.

Autre problème pointé par le rapport d'Amnesty International, celui des « représailles ». Elles prennent la forme de plaintes de la part des policiers pour « outrage » ou rébellion contre des victimes ou des témoins de mauvais traitements. « Ces pratiques peuvent exercer une dissuasion très forte sur les personnes qui essaient d'obtenir justice », souligne David Diaz, directeur adjoint du programme Europe d'Amnesty.

Au ministère de la Justice on « dément formellement » les accusations du rapport. « Il n'y a aucune tolérance sur le sujet des violences policières. « La police française est républicaine et la plus contrôlée des administrations ». AFP

« Idéal sécuritaire… cet autre nihilisme qui révèle nos faiblesses et notre couardise dans l’affirmation de nos valeurs, est susceptible d’aggraver le processus en permettant bientôt de justifier toutes les atteintes aux libertés, à la contestation, de se passer des juges qualifiés inefficaces, et de diminuer encore la protection sociale des plus démunis, sacrifiée à cet « idéal » de sécurité. Ce contexte menace sans aucun doute les fondements de nos démocraties mais pour autant condamne-t-il au désespoir et au découragement ? » Manuela Cadelli.

Arlette Colin








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