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J’ai toujours été agacé par le nationalisme hautain et méprisant de certains et le chauvinisme dominateur et exterminateur d’autres. Pour moi, aucun peuple n’est plus intelligent qu’un autre et aucun pays n’est inférieur à un autre.

Tout le monde parle de ça, pourquoi je ne mettrai pas moi aussi mon grain de sel. Il faut vous dire que ce type de débat qui n’en est pas tout à fait un, je le connais depuis que je suis né. Et, personnellement, je l’ai tranché depuis longtemps en me considérant comme un citoyen qui a comme patrie le monde et comme pays celui où il vit.

Quant à ma nationalité, c’est celle que j’ai sur ma carte d’identité, comme j’aurais pu en avoir une autre ou plusieurs autres si mes parents s’étaient rencontrés ailleurs qu’ici ou si moi-même j’avais choisi une autre vie que celle-ci, chose que j’ai failli faire si le destin l’avait voulu. D’ailleurs, sans que j’aie à intervenir, ma petite fille a les nationalités marocaine ET française, j’ai des neveux qui sont marocains ET canadiens, et des nièces qui sont marocaines et autrichiennes. Et je pourrais continuer ainsi plus longtemps cette énumération qui n’a d’ailleurs aucun sens pour moi...

En fait, si j’ai décidé d’en parler moi aussi, c’est surtout parce que j’ai toujours été agacé par le nationalisme hautain et méprisant de certains et le chauvinisme dominateur et exterminateur d’autres, justement. Pour moi, aucun peuple n’est plus intelligent qu’un autre et aucun pays n’est inférieur à un autre. Bien sûr, parce qu’il a eu un certain parcours historique, un pays peut être par rapport aux autres, à un moment de son histoire, dans une certaine situation plus ou moins privilégiée sur les plans politique, économique, social ou financier. Mais tout cela ne fait pas de ce pays une nation meilleure ni de son peuple des gens plus futés que les autres.

A mon sens, les Américains, les Suédois, les Belges, les Français, les Monégasques ou les Luxembourgeois sont sans doute très riches et très instruits, mais ils ne sont pas forcément plus heureux ni plus ingénieux que les Costaricains, Les Ougandais, les Cubains, les Indiens les Swazilandais, ni même les Zoulous ou les pygmées. C’est cela qui a toujours été mon intime et profonde conviction. Et c’est pour cela que j’en ai vraiment marre de cette dispute continuelle et cette interrogation perpétuelle sur qui est mieux que qui et qui est plus fort que qui ? Oui, je ne nie pas qu’il faut aimer et défendre son pays, celui de son origine ou celui où l’on vit, mais il ne faut pas pousser le bouchon jusqu’à l’idolâtrer comme un totem énorme qui surplomberait tous les autres jusqu’à parfois les dominer, voire les écraser, ne serait-ce que par l‘esprit.

D’ailleurs, là où on va, dans pratiquement tous les pays du monde, on retrouve cet étrange et stupide sentiment chez leurs habitants, celui d’être, d’une manière ou d’une autre, supérieurs aux autres à commencer, comme c’est souvent le cas, par leurs voisins les plus proches. Tenez ! Je viens de passer quelques jours, juste là, à côté, en bas, à quelques pas de chez nous, en Mauritanie, un pays jadis revendiqué, rappelez-vous, par un grand parti national et nationaliste bien de chez nous. Ce n’était pas la première fois que je visitais un pays africain, pardon, subsaharien, et comme à chaque fois, je me suis retrouvé face à des gens qui ne sont pas très différents de nous et sont à la fois tendres, sensibles, joyeux, fiers, aimants, bref, profondément humains.

Il est vrai que ce pays souffre encore d’un manque d’infrastructures parce qu’il manque de véritables ressources. Et parce qu’il a eu, entre autres, un parcours politique un peu chaotique, il connait un retard économique et social flagrant, comparativement au Maroc et à d’autres pays dits du Maghreb. Mais il n’empêche que la plupart des Mauritaniens que j’ai rencontrés ou avec lesquels j’ai discutés, non seulement ne s’en plaignaient pas des masses, mais mieux encore, parlaient de leur peuple comme le plus érudit de la planète – notamment dans le domaine de la poésie - et de leur pays comme le plus beau pays du monde. 
Comme quoi, on n’a rien inventé...
En vérité, il faut toujours se garder de se comparer aux autres avec comme arrière- pensée d’en déduire qu’on est mieux qu’eux. Par exemple, l’Amazonie n’est pas qu’une forêt immensément grande, elle est aussi et surtout le poumon du monde, c’est-à-dire que c’est lui qui permet à l’humanité de respirer, et donc, de vivre et de rester vivante. Ce n’est pas moi qui le dit, mais ce sont les plus grands savants et les plus grands scientifiques du monde qui sont, eux, bien plus lucides et bien plus perspicaces que moi et que nous tous et toutes. Bref, en un mot comme en 7 milliards, tout est relatif et ce n’est pas, justement, ce vieux Einstein qui va me contredire.

Alors, entre nous, franchement, le temps n’est-il pas venu d’oublier toutes ces histoires peu inspirées d’identités antérieures qui seraient supérieures à celles qui sont postérieures, et vice-versa, ou de pays ou de peuples plus beaux que les autres? En tout cas, je ne pense que c’est cela qui va faire avancer le schmilblick. Je sais que ce n’est pas très politiquement correct de le dire, mais bon, nous ne sommes pas obligés d’être tous bons... Alors, si vous êtes d’accord avec moi, je vais déclarer du haut de cette tribune que vous êtes, du moins pour moi, les lectrices et les lecteurs les plus sympas du monde. En attendant, je vous dis vivement la fin du chauvinisme sous toutes ses formes et vivement mardi prochain.

Par Mohamed Laroussi
Le360.ma

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