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À l'occasion de cette journée que tu as l'amabilité et la bonté de m'accorder en la déduisant de toutes les journées de l'année que tu t'es appropriées,

Moi femme, je m'adresse à toi qui baigne dans le mépris et le désir des dames. Cette fois, sans état d'âme, je te blâme et mes droits à la vie et au respect, je les réclame.

Non, je n'ai pas vendu mon âme à l'ange noir comme tu le fais croire à tes hoirs avec tes discours discriminatoires dans les mosquées et les oratoires. Arrange ton ébourgeonnoir et prends ton entoir pour greffer le savoir. Empoigne ton semoir et sème la lumière et non le noir. Cesse de me voir comme un être couard et de me déchoir au nom des coutumes et de l'être suprême. Regarde-toi dans un miroir et creuse un peu dans ta mémoire pour voir que tu es incolore sans mes couleurs et inodore sans mon odeur. Toi, langue de rasoir qui se prends pour un féroce jaguar, dans mon ventre endolori, tu étais une minuscule poire, ensuite mon sein te servait d'abreuvoir et mes bras de pissoir. Je suis ta mère, ta sœur, ton conjoint et tout court une femme et guère un crachoir ou un vidoir.

Devant toi, je me dresse debout, je ne tolérerai plus jamais tes coups, je ne baisserai plus les yeux, je ne courberai plus jamais le dos, je suis du sexe doux, mais pas peureux. J'ai trop courbé l'échine pour te donner la force d'un chêne qui a fait de toi un hautain qui me voit chienne. Plus de silence devant ton insolence, plus d'obéissance à ta prépotence, plus de viol et de violence la nuit de noces, je ne donnerai plus mon cou à ta potence. À mes droits, plus jamais, je renonce. Tu m'as accusée du premier péché et de l'alliée de l'ange déchu sans jamais me fâcher et au nom du sacré, tu m'as sacrifiée, mais en cette journée que tu m'as octroyée, je te dis assez, assez.

Toi, homme africain, par ta courte vision, je subis l'excision pour satisfaire ta passion et tes absurdes traditions. L'incrimination de tes discriminations et l'éducation sont les seules solutions pour sortir de ta domination. C'est par mon illumination, mon érudition et ma détermination que j'éliminerai ces cicatrices sur ma peau et que je descendrai ma fillette de mon dos pour la confier à l'enseignant qui la sortira du néant. Afin d'arrêter ma chute, je sors de ma hutte et je lutte pour ne plus rester muette et ne plus jamais me satisfaire de tes miettes.

Toi macho maghrébin, qui me regarde avec dédain, sache que j'étais phare et j'ai régné avec art avant l'arrivée des barbares et maintenant que tu as le cul dans la mare, tu actives dare-dare pour me chasser de toutes parts. Tu fonces sur moi comme un bovin au nom du divin. Ne m'appelle plus sœur, tu n'es pas la progéniture de mes géniteurs. Même toi frangin à qui je j'essuyais les pleurs et pour qui battais mon cœur, tu n'es pas mon tuteur. Je suis mûre et majeure, je sais préserver l'honneur, mais comme toi, j'ai besoin d'amour et de bonheur, alors cesse de faire le guetteur.

Toi homme oriental, sur ton perchoir du matin au soir c'est toujours la même histoire : il faut couvrir la femme de noir, la fermer dans le pendoir et violer quatre chaque soir. Tes pétrodollars sur toi narrent de magnifiques histoires en haut des minbars et font de toi une star pleine d'égards envers les dames. Avec ton or immonde, tu as fait taire le monde. Mes cheveux, mes yeux, mon cou, si tu les vois tu deviens fou et pour apaiser ce feu, tu utilises Dieu pour les mettre hors des yeux après les avoir marqués de bleus. Je ne suis pas ta chamelle et mes seins ne sont guère ses mamelles qui assouvissent tes libidos.

Toi, homme occidental qui se dit plus civilisé que l'Oriental, tu utilises ma séduction pour vendre ta cargaison et mon glamour pour couler tes bagnoles et mon élégance pour décorer tes audiences et tes conférences. Avec ton fric, tu as mis à vendre mon chic. Non, je ne suis ni une pièce de décor ni un bijou en or.

Mes sœurs, bravons la peur, faisons face aux exploiteurs de nos corps et exerçons la pression sur nos gouvernants pour dénoncer les lois des princes et des rois méprisables et coupables qui voient nos semblables marbres et poupées gonflables et faire barrage à ces sauvages de l'autre âge qui entassent les femmes dans des cages au marché de l'esclavage. Imposons la raison à ces présidents qui escamotent les drames de ces dames afin de vendre leurs armes. Juste pour usiner dans certaines monarchies, leurs rois peuvent faire caca sur les nanas sans nul tracas et même fumer le houka avec ces premiers magistrats qui leur servent d'avocats.

Sœurs, en marche sans casse et dévoilons nos faces pour faire de tous les jours notre huit mars.

Par Rachid Mouaci
Lematin.Dz

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