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Ce jeudi 3 mars, le compositeur et joueur de oud Saïd Chraïbi s'est éteint à l'Hôpital Cheikh Khalifa Ibn Zaid, à Casablanca.

Né le 2 février 1951 à Marrakech, Saïd Chraïbi a grandi dans un environnement qui a tôt affermi son intérêt pour la musique. C'est en autodidacte qu'il fera ses premiers pas dans le oud, et gardera, sa vie durant, un caractère de maître-aspirant toujours en quête d'excellence qui lui permettra de pousser, toujours plus loin, sa technique de jeu, sans jamais sacrifier le sens musical à la pure technicité.

C'est en 1986, à l'âge de 35 ans, que Saïd Chraïbi accède à la notoriété. « Présent à Bagdad pour disputer une compétition de oud, Saïd Chraïbi joue quelques morceaux devant le jury, et regagne sa chambre d'hôtel, ne se doutant de rien », raconte une source proche du musicien, qui poursuit : « « et là, il apprend qu'il a remporté le Prix du Plectre d'Or », récompensant le meilleur joueur de oud, face - entre autres - à un Naseer Shamma, considéré comme le plus grand luthiste irakien de sa génération.

Un musicien rigoureux, un homme discret
De sa discographie, le grand public se souviendra certainement de l'album La Clef de Grenade, qui lui vaudra des commentaires élogieux de la presse musicale, qui a décrit Saïd Chraïbi comme « l’un des rares maîtres du oud à avoir construit un son reconnaissable entre tous et une esthétique de soliste. Sa technique, exceptionnelle par la précision de l’attaque, la suavité des doigtés, la souplesse et la rapidité d’emploi du plectre, fait de lui un virtuose. » Cet album, il le composera « après avoir joué un concert à Grenade, suite auquel le maire de la ville lui a symboliquement remis les clés de la ville », témoigne notre source.


Le musicien a, à son actif, quelque 500 morceaux répartis entre compositions chantées, taqassim ou compositions pour solistes, orchestres orientaux, symphoniques, philharmoniques ou de jazz. Témoignages de son éclectisme, des albums enregistrés avec des guitaristes Flamenco, dont Juan Carmona, avec lequel il a enregistré Orillas, un album nominé à la catégorie Meilleur album flamenco de l'année lors des Latin Grammy Awards de 2003, ou des concerts qu'il a menés avec des célébrités du jazz, tel qu'Al Di Meola, avec qui Saïd Chraïbi a partagé la scène du théâtre Mohammed V à Mawazine, en 2009.


La perte de ce « musicien constamment en quête de rigueur et homme discret, modeste et simple », selon le témoignage de notre interlocuteur, c'est aussi et surtout celle du « virtuose ultime du oud ». "Saïd Chraïbi a une facilité étonnante à user de l’instrument, repoussant la technique du luth vers des retranchements jusque-là inexplorés", écrivait l'Institut du monde arabe (IMA) en 2015, qui louait, par la même occasion, sa « connaissance encyclopédique des maqâms arabes, turcs et perses. »





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