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Les premiers sont tabassés à mort et les deuxièmes sont condamnés à mort ! Au Maroc, c’est la rue qui fait la loi et les autorités les encouragent en fermant les yeux.

Début mars, deux hommes ont été lynchés dans leur appartement de Beni Mellal, pays où l'homosexualité est pénalement répréhensible. Victimes, ces hommes sont néanmoins poursuivis par la justice.

Non seulement ils sont criminalisés mais ils sont surtout lynchés par des foules haineuses et sauvages. Qui va les sauver ? Qui va les protéger ?», a réagi sur Facebook l'écrivain marocain Abdellah Taïa après la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo amateur d'agression homophobe.

Particulièrement violente, celle-ci montre deux hommes, dénudés, le visage tuméfié et en sang, se faire sauvagement agresser par une horde de voyous dans leur propre appartement. Menacés avec une arme blanche, passés à tabac, ils sont traînés dehors nus et blessés.

Au scandale de cette agression homophobe, survenue début mars à Beni Mellal, s'en est greffé un autre : la condamnation de l’une des victimes à quatre mois de prison ferme. L'homme a été jugé pour « actes sexuels contre-nature avec récidive et ivresse », alors que deux de ses agresseurs, qui ont comparu le même jour, ont été condamnés à deux mois avec sursis. L’autre victime de l’agression, qui était en fuite, a quant à elle été arrêtée et présentée dimanche 27 mars au procureur du roi près du tribunal de première instance de Beni Mellal. L'audience est fixée au 4 avril prochain.

La société civile monte au créneau
Le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (Mali) dénonce une « agression sauvage » et exprime, dans un communiqué publié sur sa page Facebook, sa solidarité envers les deux victimes. Le groupe exige en outre l’abrogation de l’article 489 du code pénal marocain, qui criminalise les relations entre personnes de même sexe.

Quant au collectif Aswat, engagé dans la lutte contre la discrimination, il a aussitôt lancé un communiqué conjoint avec dix-sept organisations de la société civile marocaine dans lequel ils appellent à « la libération de la victime de cette agression, l’ouverture d’une enquête et la poursuite pénale des agresseurs ainsi que celui/celle qui a diffusé la vidéo révélant publiquement l’identité des jeunes et l’abrogation de l’article 489 du code pénal afin de garantir et de protéger les libertés individuelles et la vie privée des citoyennes et des citoyens ».

Ce n’est pas la première fois qu’une vidéo d’agression homophobe tournée au Maroc circule sur les réseaux sociaux, comme le rappelle le site LGBT Yagg. En juillet 2015, la vidéo d’un homme roué de coups en plein mois de ramadan à Fès, par une foule l’accusant d’être homosexuel, avait mis le pays en émoi. Deux de ses agresseurs avaient finalement écopé de quatre mois de prison, selon le site de l'hebdomadaire marocain Telquel.

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