News

Un projet vidéo de Leila Alaoui vient d'être publié pour la première fois sur les réseaux sociaux. Réalisé il y a près d'un an par la photographe défunte lors des attentats de Ouagadougou, le spot, d'une durée de 40 secondes, revient sur la perception de la société par des Marocains et des Subsahariens installés au royaume, en vue de mettre en lumière le quotidien, pas toujours facile, des migrants.

"Dans le quartier, tout le monde m'appelle azzia", témoigne une fille d'origine subsaharienne, pendant qu'une Marocaine de son âge explique, sourire aux lèvres, que pour elle, "l'école est le lieu où elle étudie et joue avec ses amis". La vidéo montrer la difficulté, pour certains immigrés, de s'intégrer dans la société marocaine. En témoignent les propos d'un jeune étudiant en université: "Il est très difficile de se faire des amis marocains", déplore-t-il.
Cliquez sur la vidéo ci-dessous

Pour la réalisation de sa vidéo, la photographe, dont la disparition a ému la société marocaine, est restée fidèle à son fond noir pour mettre en valeur ses sujets. Une technique qui rappelle l'un de ses derniers projets photographiques, "Marocains", où Leila Alaoui mettait en scène des individus vêtus de tenues traditionnelles marocaines.

"Cette vidéo a été réalisée par Leila Alaoui il y a près d'un an, mais n'est jamais sortie parce qu'elle a été entretemps déposée pour diffusion aux trois chaînes de télé nationales", nous explique Abderrahim Kassou, membre de l'association Bladi Bladek, dont Leila Alaoui était justement la présidente.

Le spot a d'ailleurs été projeté pour la première fois lors de la dernière édition du Salon international de l'édition et du livre et de l'édition à Casablanca, lors de la cérémonie organisée en hommage à celle que les balles des terroristes ont fini par emporter en janvier dernier.

Une vidéo refusée par les télés
Mais pourquoi donc cette vidéo n'a pas été diffusée sur les chaînes de télévision? "Toutes les trois (Médi1 TV, 2M et Al Aoula, ndlr) ont refusé, même si l'association a proposé de payer pour leur diffusion", nous explique une source proche de l'association Bladi Bladek. Une des chaînes aurait même demandé de couper l'un des témoignages au montage (celui de la petite fille au début) comme condition pour sa diffusion.

Quoi qu'il en soit, le spot connaît un beau succès sur les réseaux sociaux. Près de 48 heures après sa diffusion, il a déjà été visionné pas moins de 25.000 fois. Mais pour Abderrahim Kassou, qui n'a pas souhaité livrer plus de détails, la diffusion télé n'est toujours pas tranchée.

En parallèle, l'association Bladi Bladek a activement participé à l'opération "Ni esclave, ni nègre", une campagne transmaghrébine contre le racisme, mise en place par plusieurs associations marocaines, algériennes et tunisiennes, dans le but de combattre les clichés dont sont victimes les migrants au Maghreb.

Comme slogan, les entités qui ont initié ce projet ont choisi "Ni esclave, ni azzi", une expression qui a été reprise des centaines de fois sur Facebook, puisque plusieurs internautes et autres acteurs de la société civile en ont fait leur photo de profil, en guise de soutien à cette campagne.

HuffPost Maroc | Par Youssef Roudaby







0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

 
Top