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Les islamistes du Premier ministre Abdelilah Benkirane se lancent dans les affaires aux cotés de militants salafistes.

Le Parti de la Justice et du Développement (PJD), l’organisation islamiste dont est issu le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, n’est pas insensible au biens du monde terrestre. En effet, les cadres du mouvement ne veulent pas revivre les années de disette qu’ils ont connues lorsqu’ils étaient dans l’opposition. A six mois des élections législatives, plusieurs d’entre eux se sont lancés dans l’immobilier.

Du djihad au business
Ainsi, le maire de Rabat Mohamed Seddiki figure dans le tour de table de deux entreprises domiciliées dans la capitale chérifienne. Il y siège en tant qu’actionnaire et en compagnie d’autres militants du PJD et d’un petit parti frère, le Mouvement de l’Unité et de la Réforme (MUR). « Atwar Group », le holding qui gère quatre des entreprises dans les quelles ont investi le maire de Rabat et le leader du MUR, Abderrahim Chikhi compte une quarantaine d’actionnaires à parts égales, tous d’obédience islamiste.

Le PJD essaie de se constituer un pactole à travers la constitution par ses militants d’une multitude de sociétés. Ce qui est légitime. Notons que dès les années 2000, le Palais royal lui même avait jugé bon de laisser une part du gâteau à ces nouveaux venus dans l’espace politique, une forme de financement de la vie publique.

Recyclage de salafistes
Plus ennuyeux, ces notables pieux tentent également de recycler les anciens salafistes. Trois des associés en affaires du PJD sont d’anciens détenus, condamnés dans des affaires liées au terrorisme.

C’est le cas de Maa Al Ainaine Al Abadila reconnu coupable en 2007 dans l’affaire du réseau Belliraj et libéré en 2011 suite à une grâce royale. On croise également Imane Bensaid, jugée et condamnée à quatre ans de prison ferme pour activités terroristes au sein de la cellule de Hassan Khattab qui a essayé en 2007 d’infiltrer l’armée. Enfin l’ex-detenu de la « salafya djihadya » Mohamed-Saad El Ismaili El Idrissi participe également à cette découvert du monde financier.

Rassembler avant tout
La nébuleuse islamiste sait que pour gagner les élections, il convient de rassembler. Le travail souterrain effectué par les hommes d’Abdelilah Benkirane, le Premier ministre, vise dans un premier temps à alimenter le parti en ressources suffisantes afin de mener confortablement des campagnes électorales.

Dans une deuxième étape, il s’agit de montrer aux militants qu’ils peuvent se reconvertir dans les affaires et devenir des notables influents. Cette stratégie est celle qui a été suivie avec succès depuis quinze ans par l’AKP de Recep Tayyip Erdigan. Le modèle semble avoir séduit les Frères Musulmans marocains.

Karim Douichi
Par Karim Douichi
Ancien de La Vie éco, du Matin, Karim Douichi est actuellement commentateur politique et chroniqueur à Medi 1 Radio. Il a également fondé et dirigé la lettre confidentielle Maghreb-Intelligence.

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