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Comme chaque année, à partir du mois d'avril et jusqu'en septembre, le royaume chérifien se transformera en une scène musicale à ciel ouvert. Budgets, audience, artistes... Pour tout savoir, Jeune Afrique a réalisé une carte des festivals au Maroc.

Le 16 avril, le rideau se lève sur la saison des festivals au Maroc. Et c’est Jazzablanca qui commence ! Pendant huit jours, les Casablancais vont swinger sur les rythmes folk, jazz et sonorités orientales de Hindi Zahra, Goran Bregovic, Richard Bona, ou encore Macy Gray et Jamie Callum. Une programmation de haut niveau mais « un parcours du combattant » selon Moulay Ahmed Alami, organisateur du festival. « À l’heure où je vous parle, un artiste vient d’annuler sa participation alors que tous les billets d’avion et les frais de séjour, pour lui et ses musiciens, sont payés : 140 000 dirhams partis en fumée !», souffle-t-il.

Depuis quatre ans qu’il organise ce festival, c’est toujours la même bataille : réunir les financements et chercher des sponsors que tout le monde s’arrache. Cette année, il a réussi, non sans difficultés, à lever neuf millions de dirhams, entre sponsoring et subventions locales, mais « sans une vraie vision étatique de financement de la culture, il sera difficile de perpétuer ce genre de manifestations », concède-t-il.



Un enfer appelé financement
« J’ai toujours milité pour que les pouvoirs publics assument leurs responsabilités et inscrivent les festivals dans les plans de développement régionaux », tonne Neila Tazi, organisatrice du festival Gnawa d’Essaouira. Cela fait 18 ans qu’elle est derrière ce « woodstock » maroco-africain qu’elle a fait grandir jusqu’à ce qu’il devienne une référence mondiale. « Chaque dirham investit par le festival en génère 17 pour la ville en termes de tourisme et de commerce », fait-elle remarquer, reprenant une étude sur les retombées socio-économiques du festival Gnawa sur la ville qu’elle a réalisé en 2014 avec l’aide du cabinet Valyans.

Les aides de l’État
Au Maroc, près de 200 festivals sont organisés chaque année. Il y en a dans toutes les villes et pour tous les goûts. Le ministère de la Culture en finance une vingtaine dans l’objectif de promouvoir le patrimoine local. Budget : 22 millions de dirhams. Leur impact socio-économique est indéniable, même s’il n’a jamais été calculé au niveau national. « C’est parce qu’ils ont changé la face des villes qu’il faudra, à un moment donné, réfléchir à un modèle économique qui permette à tous les festivals de continuer à vivre avec ou sans sponsoring », concède Amin Sbihi, ministre de la Culture. La formule idoine, le gouvernement ne la connaît pas encore…

Mawazine for ever
Le seul festival qui a réussi à tirer son épingle du jeu, c’est Mawazine, le monstre sacré de la scène artistique au Maroc, oeuvre de l’association « Maroc Cultures » dont le fondateur n’est autre que Mohamed Mounir El Majidi, secrétaire particulier du roi. Avec deux millions de festivaliers et des artistes internationaux comme, cette année, Christina Aguilera, Marcus Miller ou encore Maître Gims, il est la vitrine du Maroc bling bling, porté par une palette de sponsors à faire pâlir d’envie les autres organisateurs de festivals et un modèle économique mêlant concerts payants et gratuits pour à la fois attirer les VIP (et leurs bourses) et permettre aux plus pauvres de se divertir.

Même lorsqu’il s’agit de faire la fête, la politique n’est pas loin !

Nadia Lamlili
jeuneafrique.com




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