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Un membre du Conseil national du PJD accuse l’heure d’été de tous les maux dont l’empêchement de prier et de copuler en rond. Cette absurdité n’a vraiment ni queue ni tête et n’a fait rire ni les dévots ni ceux qui sont portés sur le pieu. Pourtant, elle a fait couler beaucoup d'encre...

Je crois que c’est Coluche qui a lancé un jour: «J’arrêterai de me mêler de politique quand les politiciens arrêteront de jouer aux comiques». En tout cas, c’est sûr que c’est lui qui a dit: «Je ferai aimablement remarquer aux hommes politiques qui me prennent pour un rigolo que ce n'est pas moi qui ai commencé». Ces deux citations me sont venues à l’esprit en premier dès que j’ai entendu, coup sur coup, la déclaration tonitruante et faussement marrante d’un membre du Conseil national du PJD qui accuse l’heure d’été de tous les maux dont l’empêchement de prier et de copuler en rond, et celle détonante et franchement dérangeante de son patron et qui est également le boss du gouvernement.

En vérité, j’avais dès le début décidé de faire l’impasse sur ces élucubrations ne serait-ce que parce que j’étais sûr qu’elles allaient faire le buzz. Et je n’ai pas eu tort. Beaucoup de mes proches m’ont reproché de ne pas avoir écrit là-dessus car, pour la plupart d’entre eux, c’est «hyper grave» et «hyper dangereux». Bien sûr, ils ne parlaient pas de cette absurdité sur l‘heure d’été qui n’a vraiment ni queue ni tête et qui n’a fait rire ni les dévots ni ceux qui sont portés sur le pieu. Pourtant, qu’est-ce que ça a fait couler comme encre rose partout y compris chez les plus pudiques de nos confrères !

C’est comme si le mec qui a dit ça nous avait appris comment on faisait les enfants ou, mieux encore, comment aller au paradis. Comme quoi, il ne faut pas grand-chose pour susciter l’intérêt d’un certain public, voire même pour arriver à l’exciter. Bon, maintenant, je vais arrêter de m’étaler sur ça, sinon vous risquez d’y voir une contradiction par rapport à ce que je défends.

Voyons maintenant la déclaration du patron de notre majorité dans laquelle il avait fustigé en même temps les poètes, les philosophes et les juges, estimant qu’on en a trop, et qu’il faudrait arrêter d’en produire. Entre nous, si les premiers s’entendent généralement plutôt bien avec les seconds, je ne vois vraiment pas ce que viennent faire les troisièmes dans cette énumération pour le moins curieuse et hasardeuse. En effet, si on peut former plus ou moins aisément des juges, des procureurs ou autres substituts, je ne vois pas comment on pourrait créer des philosophes et encore moins des poètes dans des universités ou dans des instituts.

Soyons sérieux, Monsieur le Premier Ministre, pardon, Monsieur le Chef du gouvernement. Je sais pertinemment que vous n’êtes pas sérieux lorsque vous avez sorti cette phrase si malheureuse, et qu’au fond, vous avez voulu, comme d’ailleurs votre compagnon du parti, non seulement amuser la galerie comme vous savez si bien le faire, mais aussi et surtout faire diversion. Oui, oui, je dis bien diversion, c’est-à-dire, à la fois distraction et détournement de l’attention. Deux grands objectifs politiques en un seul coup. Ne me demandez surtout pas «détourner l’attention de quoi»? Parce que je sais que vous savez, mais je sais aussi que beaucoup ne savent pourquoi vous avez dit ça.

En effet, ce qui m’a chagriné et désolé dans ces histoires, c’est que de nombreuses personnes, et non des moindres, sont tombées dans le panneau et ont cru bon réagir, les uns en protestant contre l’un, les autres en pestant contre l’autre, ou vice-versa. C’est d’ailleurs pour cela qu’aujourd’hui, j’ai décidé, moi aussi, de prendre la parole, non pas pour râler contre nos deux grands faux amuseurs publics, mais juste pour leur dire que moi, ça ne m’a pas du tout amusé, parce que peut-être je crois avoir compris ce qui se cache derrière ce jeu. Je dis cela, mais peut-être que je me trompe. Si vous le pensez, faites comme si je n’ai rien dit. Après tout, c’est vous qui voyez et, surtout, c’est vous qui allez voter. Et comme dirait l’autre, rira bien qui votera le dernier.

Maintenant, pour finir, je vous dis vivement de vrais guignols chez nous un jour, et vivement mardi prochain.

Par Mohamed Laroussi
Le360.ma




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