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Tanger Med, le premier port du Maroc, continue sa montée en puissance. En avril, Renault annonçait le lancement de son méga-projet « Écosystème Renault », d’un montant de près d’un milliard d’euros. Inauguré par Mohamed VI, il devrait créer à terme 50 000 emplois permanents.

Actuellement, ce sont 700 entreprises qui sont installées dans le complexe portuaire, générant plus de 60 000 emplois. Pour soutenir son expansion, Tanger Med a déjà fait l’objet de plusieurs extensions depuis sa construction en 2004 et de nouveaux terminaux sont aussi en cours de réalisation.

Renault investit massivement
Grâce à ce port et sa Tanger Free Zone, le Maroc est devenu la base industrielle des entreprises françaises, à l’image de Renault installé depuis 2012, et dont les chaînes de production tournent à plein régime.

Le constructeur automobile français, qui embauche 200 salariés par semaine pour son usine de Tanger, a exporté 260 000 véhicules en 2015, avec une perspective de « 10% de production supplémentaire », affirme Marc Nassif, directeur général de Renault Maroc au site économique Usine Nouvelle. S’ajoute à cela, le taux d’intégration qui devrait passer de « 40% à 65% », à l’horizon 2023. Dans ce but, des équipes de Renault sont déjà « déployées sur le terrain, cherchant des fournisseurs en Europe pour essayer de leur faire découvrir le Maroc », ajoutait le responsable, en avril 2016.

Renault Algérie n’affiche pas les mêmes ambitions : les 35 000 Symbol assemblées à l’usine d’Oued Tlelat sont exclusivement destinées au marché local, avec un faible taux d’intégration qui ne dépasse pas les 20%, selon les estimations les plus optimistes.

Tanger Med, la vitrine des infrastructures marocaines
Situé à 14 kilomètres du rivage espagnol, facilitant ainsi les échanges avec l’Europe, Tanger Med, mis en service en 2007, dessert 167 ports à travers le monde et a vite atteint sa capacité maximale de 3 millions de conteneurs EVP (équivalent vingt pieds) par an. Désormais, les autorités marocaines voient plus grand et visent une capacité totale de plus de 8 millions de conteneurs EVP avec comme but de se hisser parmi les 20 premiers ports mondiaux et faire de ce complexe le leader en Méditerranée et en Afrique.

Pour y parvenir, le projet Tanger Med II, d’une capacité de 5 millions de conteneurs EVP, est en cours de construction. La deuxième partie des travaux devrait d’être lancée cette année. Le complexe est d’ailleurs l’infrastructure modèle dans le cadre de la stratégie portuaire marocaine pour 2030, pour laquelle le pays a investi 7 milliards d’euros.

Attirer les IDE
La modernisation des infrastructures marocaines s’accompagne d’une stratégie visant à attirer les entreprises étrangères. Selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), le royaume est l’un des pays qui attirent la majorité des Investissements directs étrangers (IDE) sur le continent africain.

Au total, 3,6 milliards de dollars y ont été investis par les entreprises étrangères, principalement des sociétés françaises, qui sont plus de 700 sur le territoire. Récemment, le ministère marocain de l’Industrie évoquait la création de « 500 000 emplois industriels » d’ici 2020, selon le magazine économique français Challenges.

Dans la zone franche d’exportation de Tanger, 475 entreprises étrangères sont installées. Ces dernières proviennent de pays européens, des USA et de la région MENA. L’industrie automobile y est très fortement représentée avec plus de 60 hectares de la zone qui lui est dédiée. Des centres de formations sont aussi intégrés à ces zones franches afin de former des employés en fonction des besoins des industriels étrangers.

Mesures incitatives
Le Maroc se positionne aujourd’hui comme le pays du Maghreb où l’environnement parait le plus favorable à l’investissement contrairement à la Tunisie, où la crise politique du pays a freiné les investissements et à l’Algérie qui ne figure pas dans le top 10 des pays attractifs pour les IDE.

Alors que l’Algérie ne dispose toujours pas de zone franche, la ville de Tanger en abrite deux dédiées à l’export, et où tout un arsenal de mesures incitatives a été mis en place. L’avantage fiscal se matérialise notamment par une exonération de 5 ans de l’impôt sur les sociétés et un rapatriement simplifié des bénéfices et capitaux.

Plus généralement, l’État marocain octroie le droit aux sociétés étrangères d’acquérir des terrains avec la possibilité de financer cette acquisition à hauteur de 100% pour certains projets, à travers le Fonds Hassan II. Ce dispositif alloue des crédits aux entreprises, notamment étrangères, dans un délai qui ne dépasse pas les 60 jours au moment où la bureaucratie gangrène l’investissement en Algérie.

Le Maroc lorgne sur l’exportation alors qu’en Algérie une entreprise désireuse d’exporter ses produits pourrait se voir refuser les autorisations d’exportation nécessaires, comme ce fut le cas avec l’unité de production d’ammoniac de Fertial, à Arzew.

Par Zahra Rahmouni et Nacereddine Benkharef
TSA









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