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L’info, je la donne à ceux et celles qui ne l’ont pas vue, c’était la célébration à Melillia, préside marocain occupé par l’Espagne, d’un mariage plutôt insolite d’un couple de voisins-frères-ennemis venus de deux pays entre UN Marocain et… UN Algérien. «Un pied de nez» à tous les bien-pensants...

Je ne peux pas ne pas faire cette chronique sans vous parler d’abord du super long week-end que je viens de passer en compagnie de milliers, que dis-je ? de centaines de milliers d’autres privilégiés comme moi. Où ça ? Mais, bien sûr, à Essaouira, à l’incontournable, l’incomparable et l’inimitable Festival Gnaoua et Musiques du Monde. Oui, je sais bien que j’aurais pu être également à Fès, au fabuleux Festival des Musiques sacrées que j‘aime beaucoup aussi, mais, bon, comme il fallait bien choisir, j’ai opté pour le meilleur, enfin, là on s’éclate sans craindre de bousculer le voisin ou la voisine qui lui-même ou elle-même ne vous demanderont pas non plus la permission pour se tortiller et gesticuler dans tous les sens.

En vérité, je ne vais pas consacrer tout le propos de ce billet aux multiples et merveilleux concerts dont nous avons amplement profité 3 nuits et 4 jours, mais plutôt au Forum organisé, comme tous les ans, en marge du Festival. Parce que, voyez-vous, à Essaouira, on ne danse pas idiot, on s’instruit et on réfléchit aussi. Cette année, les organisateurs ont choisi un thème assez sympa, mais pas simple du tout. Jugez-en vous-mêmes: «Diasporas africaines: racines, mobilités, ancrages». Eh oui! Il fallait s’accrocher pour pouvoir espérer piger quelque chose. Il faut dire qu’ils ont ramené pour l’occasion d’éminentes grosses pointures du Maroc, bien sûr, mais aussi d’ailleurs et même parfois de très loin.

Durant deux jours, et plus précisément durant deux longues matinées, des esprits éclairés dont la plupart avec de gros diplômes et/ou de lourds bagages ont échangé avec une assistance assidue et curieuse qui ne demandait qu’à être arrosée ou même éclaboussée de lumière. J’en ai fait partie en toute humilité, et de l’humilité, je puis vous dire que j’en avais une tonne en face de tous ces grands professeurs et tous ces grands chercheurs, des hommes et des femmes, qui rivalisaient en bonnes paroles et en bons mots. En un mot comme en mille, on ne sort pas forcément indemne de ce type d’aventures, mais mieux, on en sort sûrement plus intelligent.

D’ailleurs, votre serviteur avait tellement été revitalisé et régénéré par tous ces débats, qu’il a été poussé, comme d’habitude, à mettre son grain de sel, même si personne ne l’avait invité en cuisine. En fait, et pour être un peu plus sérieux, j’avais demandé la parole pour partager une information que j’avais lue le matin même à la pause café sur l’excellent site sur lequel vous êtes actuellement, et j’avais demandé au panel ce qu’il en pensait, d’autant plus que, comme je l’avais souligné, je trouvais que cela avait un rapport plus ou moins direct avec la thématique débattue.

L’info, je la donne à ceux et celles qui ne l’ont pas vue, c’était la célébration à Melillia, préside marocain occupé par l’Espagne, d’un mariage plutôt insolite d’un couple de voisins-frères-ennemis venus de deux pays que vous pouvez aisément deviner. Mais ce n’était pas cela qui est insolite en soi, car un mariage d’un Marocain avec une Algérienne, c’est déjà arrivé des dizaines de fois, et d’une Marocaine avec un Algérien, il y en a eu plein. Mais, là, tenez-vous bien, il s’agit d’un mariage en bonne et due forme d’UN Marocain avec… UN Algérien. Oui, vous avez bien lu: deux hommes, et pas n’importe lesquels ! De plus, je dois vous préciser que nos deux tourtereaux ne sont pas des résidents normaux et légaux à Melilla, mais ils vivent momentanément dans un centre pour réfugiés dans l’attente d’être envoyés en lieu sûr quelque part en Europe continentale où ils pourraient pleinement jouir de tous leurs droits y compris celui de convoler en justes noces.

Je vous disais donc que j’avais souhaité que les conférenciers commentent cette nouvelle plutôt inédite. Et bien, sachez qu’au début, ils ont répondu à toutes les questions posées par l’assistance sauf à la mienne. Et j’ai dû relancer le modérateur et lui rappeler mon interrogation, pour qu’un des panellistes, le plus courageux ou le plus téméraire, ose enfin me donner un avis tout enrobé de discours diplomatique et de vernis politiquement correct. La seule idée subversive et donc intéressante que j’ai retenue de sa réponse, c’est ce qu’il a appelé très justement «le pied de nez» à tous les bien-pensants d’ici et d’ailleurs.

Entre nous, je n’en attendais pas plus. Tenez! Et vous, qu’en pensez-vous ? En attendant de vous entendre ou de vous lire un jour sur cette question, je voudrais dire vivement plus d’ouverture d’esprit et de tolérance et, bien sûr, vivement mardi prochain.

Par Mohamed Laroussi
Le360.ma







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