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Jeudi 12 mai, Conseil de gouvernement, présidé par Abdelilah Benkirane, en l’absence de plusieurs ministres en déplacement en Chine avec le roi Mohammed VI. Dans sa communication d’ouverture, et avant d’affirmer que tout sera fait pour l’approvisionnement des marchés en denrées alimentaires, le chef du gouvernement revient sur le retard pluviométrique, ses conséquences et surtout sa cause. Pour lui, c’est Dieu qui adresse un message aux croyants !
« Selon notre foi, quand Dieu – loué soit Son nom – retarde les pluies, c’est pour une seule raison, qui est d’appeler les gens à un retour à Lui. Et alors que nous sommes au mois de chaâbane, qui précède celui de ramadan, il est primordial que nous entreprenions tous une révision de nous-mêmes. Nous sommes une nation musulmane et croyante, et notre gouvernement doit être un modèle pour ses citoyens en matière de rectitude » (vidéo ci-dessous, à partir de 1'09''). Ce n’est plus un discours politique, mais un prêche, et il n’est qu’à voir la position adoptée par Benkirane, bras croisés, yeux rivés sur sa feuille, l’air vaguement gêné, pour comprendre que lui-même n’est pas à son aise en faisant son sermon…

Ce n’est ni la fonction ni le rôle du chef du gouvernement de faire ce genre de communication en ouverture du Conseil de gouvernement. La religion est le domaine réservé du roi, commandeur des croyants, qui ne va pas aussi loin, et Benkirane outrepasse ses fonctions en affirmant que le retard des pluies serait, en quelque sorte, une punition divine, ou au moins un avertissement.

Cette saillie du chef du gouvernement rappelle quelque part celle de Yahya El Mdaghri, imam dans une mosquée à Salé, qui, en janvier, avait déclaré que les séismes enregistrés au nord du pays étaient « une punition divine ». Il avait été révoqué. Et Salé est, comme chacun sait, un fief PJD.

Benkirane n’a donc pas à invoquer Dieu en Conseil de gouvernement car les Marocains musulmans ont besoin d’un gestionnaire et non d’un prédicateur. Mais le chef du gouvernement a dû prendre connaissance du dernier sondage réalisé par un institut de sondage tunisien, dans lequel 53% des Marocains se disent musulmans avant d’être citoyens, et 35% l’inverse.

Par la suite, le chef du gouvernement a évoqué la question et, reprenant son rôle, il a affirmé que tout sera fait pour l’approvisionnement des marchés, s’interrogeant même sur les raisons du pessimisme de certains. Mais cela est de la politique, compréhensible et admissible, pas comme quand la religion est aussi appelée à la rescousse.

Aziz Boucetta
panorapost.com/








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