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S’il y a, au Maroc, des événements qui risqueraient d’attirer l’attention durant les mois à venir, déchaîner les passions, torturer les claviers (des ordinateurs) et ankyloser les doigts sur les iphones , ce seraient aussi bien les élections législatives que … le réchauffement de la planète; COP22 oblige !

Tsunami verbal
Et les Marocains résidant à l’étranger (MRE) ne sont pas épargnés par cette lame de fond : Déjà les purs et durs parmi eux, crient à la trahison, au déni de leur citoyenneté et à la violation de la constitution de 2011; notamment son article 17 qui stipule clairement que ‘’les Marocains résidant à l’étranger jouissent des droits de pleine citoyenneté, y compris le droit d’être électeurs et éligibles. Ils peuvent se porter candidats aux élections au niveau des listes et des circonscriptions électorales locales, régionales et nationales’’. Et de renchérir : ‘’La France accorde bien à ses expatriés d’avoir des députés. Pourquoi pas le Maroc? ‘’

Et vogue la Polémique !
À quoi répondent d’autres MRE : ‘’ Allahou innama hada Mounkar ! Arrêtez de traiter le Maroc comme une vache à lait ! La constitution garantit à toutes et à tous ces droits. Mais nulle part n’est mentionné qu’on doit livrer ça à domicile dans un pays étranger! Entrez au pays, portez-vous candidats et ‘’ montrez le henné de vos mains (expression locale. Non marocain-e- s’abstenir de se torturer les méninges pour comprendre).

Et de poursuivre: ‘’Quant à mentionner la France comme exemple à suivre, c’est là, une insulte à tous les Moha Ou Hammou, les Baslam, les Allal Ben Abdallah, les Zerktouni ainsi qu’à tous nos pères et grand-pères qui se sont battus ou qui ont versé leur sang pour rendre son indépendance au Maroc ! Car Si la France était une lumière, pourquoi toute cette révolution du Roi et du peuple pour mettre ce colonisateur dehors ?

Et de porter ce qu’ils croient être le knockout : ‘’ la France (ni les autres pays du même acabit) n’ont pas un Ministère spécialement dédié à leurs résidants à l’étranger en même temps qu’un organisme similaire au CCME et un autre à la Fondation Hassan II. !’’.

En conclusion, lancent-ils, ‘’avec ces institutions, nous sommes déjà un ‘’état dans l’état’’ !… Que peut nous apporter, de plus, une présence au parlement, sinon de nous subtiliser ces prérogatives par une écrasante majorité de députés locaux ? Car ne l’oublions pas: Nous n’aurons jamais plus de députés que ne nous le permette notre poids démographique’’ (- de 14%)

Qui a tort ? Qui a raison ?
Le seul moyen de le savoir, est de lancer un référendum sur la question auprès de la majorité silencieuse.

En attendant, les institutions dédiées aux MRE sont là. Le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) est sensé se charger, en vertu de l’article 163 de la Loi fondamentale, « d’émettre des avis sur les orientations des politiques publiques permettant d’assurer aux Marocains résidant à l’étranger le maintien de liens étroits avec leur identité marocaine, les mesures ayant pour but de garantir leurs droits et préserver leurs intérêts, ainsi qu’à contribuer au développement humain et durable de leur pays d’origine et à son progrès ». Dans ce sens, les MRE sont appelés à faire entendre leur voix auprès de ce conseil et à s’impliquer activement dans l’élaboration de politiques et de stratégies les concernant.

Ils sont aussi appelés à établir une sorte de collaboration fructueuse à travers leurs tissus associatifs avec le ministère chargé des Marocains résidant à l’étranger et des affaires de la migration (MCMREAM), car chaque Marocain du monde peut contribuer à l’essor socio-économique de son pays d’origine et défendre les intérêts supérieurs de sa Mère-Patrie, où qu’il soit, en attendant la concrétisation dans la réalité des dispositions de la Constitution qui les concernent.

Et les changements climatiques dans tout ça ?
Nous y arrivons ! Nous avions déjà dit, écrit et nous le répétons ici : La conjoncture est d’autant plus favorable maintenant que plusieurs instances internationales compétentes reconnaissent déjà le rôle des diasporas dans la lutte aux changements climatiques et (ou) ouvrent des avenues à l’implication de celles-ci pour édifier des ponts de coopérations entre les pays d’origine et les pays d’accueil.

Dans ce contexte, le Plan d’Action du Sommet de la Valette sur la migration (Novembre 2015) appelle à ‘’promouvoir le rôle joué par la diaspora dans les pays d’origine’’. Tandis que l’Organisation Internationale des Migrations (OIM) appelle de son côté à ‘’promouvoir la circulation des talents en établissant des partenariats entre les pays d’origine et de destination’’. De son côté, le PNUE (Juin 2009) souligne que ‘’la diaspora africaine est appelée à jouer un rôle important dans la gestion scientifique des changements climatiques’’. Et, tout récemment, l’Accord de Paris (Décembre 2015) vient de définir des ‘’chantiers’’ où la diaspora pourra jouer un grand rôle (…).

Nous avons hâte de voir les compétences MRE (invitées au colloque international ‘’Migrations climatiques : tendances et enjeux’’ organisé par le MCMREAM le 20 mai courant) mettre de côté les chicanes stériles, profiter de ce consensus international, s’organiser en réseaux, influencer (pourquoi pas ?) les travaux de la COP22 à travers leurs recommandations (à l’issu de ce colloque) et continuer le travail au delà de la COP 22 (qui se tiendra à Marrakech le mois de novembre prochain), et ce, en servant de pont entre leurs pays d’accueil et leur pays d’origine pour catalyser, plus que jamais, un partenariat Nord-Sud où le Maroc sera un Hub régional.

Par Abderrahman El Fouladi,
maroc-canada.ca























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