News

Depuis près d'un mois, la campagne pour la mairie de Londres était lancée. Zac Goldsmith et Sadiq Khan s'opposaient à cette course. Le candidat du parti travailliste, Sadiq Khan, 45 ans, grand favori, s'est finalement imposé avec 44% des voix.

La presse anglo-saxonne s'est distinguée des médias mainstream français qui ne cessent de mettre en avant sa confession musulmane.


Pourtant, le maire de Londres n'a pas du tout mis en avant sa religion durant la campagne.

Dans la presse anglaise, Sadiq Khan est présenté comme le fils d'un conducteur de bus, un avocat spécialisé dans les droits de l'Homme ou encore comme un candidat du parti travailliste.

Sadiq Khan le « self-made-man »
Sadiq Khan n'est pas seulement musulman, il est fils d'immigrés pakistanais, il a grandi avec ses 7 frères et sœurs dans un HLM d'un quartier très modeste de la capitale britannique.

Son père est chauffeur de bus sur la ligne 44 de la ville et sa mère est couturière: «Mon incroyable mère cousait des robes pour 50 pence pièce afin d'apporter de l'argent supplémentaire pour notre famille. C'était difficile, précaire et mal payé», rapporte The Guardian.

Pour se distinguer de son rival Zac Goldsmith, fils d'un milliardaire et d'une aristocrate, diplômé du prestigieux collège Eton, Sadiq Khan a mis en avant son atout de « self-made-man ».

En effet, à la sueur de son front, l'homme issu d'un milieu populaire a gravi les échelons pour devenir avocat spécialisé dans les droits de l'Homme, puis député, ministre dans le gouvernement de Gordon Brown et enfin maire de Londres.

« Je suis londonien »
Il préside pendant trois ans l'ONG Liberty, qui défend les droits fondamentaux et les libertés ainsi que les inégalités liées à l'emploi et à la discrimination.

En 2005, il abandonne sa carrière d'avocat pour se faire élire député travailliste de Tooting, un quartier de la banlieue sud de Londres où il vit toujours, avec sa femme Saadiya, avocate, et leurs deux filles.


Ce n'est qu'une fois qu'il sera accusé par son adversaire de collusion avec l'islamisme radical que Sadiq Khan évoque sa religion.

Cet ancien avocat a tenu à affirmer « je suis fier d'être musulman », avant de souligner que cela n'était pas la seule composante de la personne qu'il était, en affirmant que comme beaucoup de Londoniens, il avait de multiples identités.


« Je suis londonien, je suis européen, je suis britannique (...), j'ai des origines pakistanaises, je suis un père, un mari, un supporteur de Liverpool », rapporte le New-York Times.

Son programme
Elu, Khan compte mettre en place des patrouilles de police dans les transports publics afin de lutter contre les agressions sexuelles à l'encontre des femmes, rapporte The Guardian et s'engage à mettre en œuvre l'égalité salariale avec les hommes.

Le logement est l'une de ses priorités, perçu comme trop cher et trop rare.

Tandis que la capitale britannique a gagné 900 000 habitants depuis 2008, et que les loyers ont augmenté de 35% à 50% selon les quartiers, Sadiq Khan promet de construire « des millions de maisons en plus pour les Londoniens chaque année », rapporte RFI.


l propose également que les usagers puissent changer de bus avec le même ticket, étant favorable au gel des tarifs dans les transports.


Il promet également de créer de nouveaux postes et de mettre en place des actions pour lutter contre la pollution.

Les Londoniens plus centrés sur les promesses que la religion

Aux yeux des électeurs, ses promesses pour améliorer leur quotidien sont plus importantes.

De fait, jeudi, la question de sa confession laissait indifférents nombre d'électeurs interrogés par l'AFP, y compris au sein de la communauté musulmane.

« Cela ne fera aucune différence », a déclaré Koyruz Zoman, un cuisinier de 57 ans, musulman. « Quel que soit le nom de l'élu, ce que nous voulons, c'est qu'il remplisse ses promesses ».

Leeanne Collaco, 28 ans, préférait elle retenir le parcours atypique de ce fils de chauffeur de bus immigré, susceptible de présider à la destinée de l'une des plus puissantes villes du monde. « Sadiq Khan s'est battu, sa famille s'est battue (...). Il se battra probablement plus durement pour faire de Londres une ville plus équitable », a dit cette employée dans le secteur des ressources humaines.

zamanfrance.fr/





0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

 
Top