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C’est difficile à croire. Et pourtant, c’est vrai. Le Maroc, pays qui reçoit le plus grand événement climatologique et écologique de la planète, n’arrive pas à régler le problème de la décharge de sa ville-vitrine, Casablanca.

La ville "blanche" continue à utiliser une décharge sauvage où les détritus s’amoncellent et baignent dans des mares de lixiviat. 3.500 tonnes d’ordures qui sont déversées chaque jour dans cette décharge. On compte 1.000 voyages quotidiens de camions. 15.000 à 20.000 têtes de bétail utilisent la zone comme pâturage (illégal).


Les déchets dégagent des gaz, dont une partie est brûlée sur place. Ces gaz, extrêmement toxiques, se répandent tous les jours et toutes les nuits, en fonction du vent, vers Lahraouyine, Californie et Bouskoura Green Town (si, si, la "ville verte"). Les déchets sont stockés sur une hauteur de 45 mètres des deux côtés de la route, risquant à tout moment un glissement de terrain. La nappe phréatique est contaminée d’une manière probablement irréversible. (Media24)


Reportage de Nabila Fathi (Media24)
Il y a une dizaine de kilomètres à parcourir pour atteindre la commune rurale de Médiouna, à la périphérie de Casablanca. L’air commence à devenir irrespirable, dix minutes avant d’arriver à la décharge.

Nous sommes accueillis alors par des sacs en plastique survolant la route des deux côtés, du lixiviat arrosant généreusement la voie et une poussière typique aux endroits extrêmement pollués.

On savait à quoi il fallait s’attendre. Mais la réalité a dépassé ce qu’on pouvait imaginer. Une immense décharge de 65 ha à ciel ouvert, comme on n’en voit plus. En tous les cas, pas dans un pays qui abrite dans 5 mois la Cop22, l’événement écologique mondial le plus attendu de l’année, pas à proximité de la forêt de Bouskoura, le poumon de la capitale économique.

3.000 personnes vivent à quelques mètres de la décharge
Arrivés sur place, des employés des sociétés de nettoyage nous ont fait signe de ne pas prendre de photos. Ils ont des consignes dans ce sens. Leurs responsables savent pertinemment que les images seront insoutenables.

Nous sommes sous le choc. Par ci, des bovins, ovins, équidés, oiseaux, chiens errants… qui ont fait du site un lieu privilégié pour leur alimentation, des rivières de lixiviat qui forment un paysage tristement surnaturel, des insectes de tous genres, qui bourdonnent ….

Et puis des familles entières qui habitent à moins de dix mètres de la décharge, au douar Lahlaybiya. Quelque 3.000 personnes au total, selon les chiffres du Conseil préfectoral de Médiouna.

On a peine à croire que l'on puisse vivre dans un environnement aussi pollué, où on sent les ordures à longueur de journée. "Ah bon, ça sent mauvais. J’avoue que je m’y suis habitué", nous déclare Mohamed Khennoun, vice-président du Conseil préfectoral de Médiouna.


Les habitants de Lahlaybiya, sont peut-être dans le même cas de figure. Peut-être que leurs facultés olfactives ont été endommagées au contact de ces odeurs au quotidien. Mais l’impact sur leur santé n’en est pas amoindri. Suite de l’article sur Media24












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