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C’est lors du Festival International 2016 AfrikaBezons, près de Paris, que nous avons rencontré l’artiste marocain Hamid Bouhlal. Nous avons fait la connaissance d’un grand maestro de la musique traditionnelle marocaine « Aïssawa », un personnage atypique et attachant.

Hamid Bouhlal et sa troupe de musiciens ont envouté, durant deux jours, le festival bezonnais. Une musique venue d’ailleurs qui a enchanté les nombreux curieux venus écouter les chants mystiques aïssawi. En plein air devant la station du tramway, des centaines de passants se sont attardés, un moment, pour écouter une musique rythmée par différents instruments peu ordinaires et vibrer aux refrains d’une chorale échauffée par les commandes du chef de la troupe folklorique. Le lendemain, c’est dans la grande salle communale que les adeptes de la musique rituelle marocaine se sont déplacés pour écouter les chants rythmés de ces troubadours marocains.

Hamid Bouhlal compte parmi les grands acteurs marocains ayant investi pleinement dans la protection et la promotion du patrimoine culturel national. Le maître Bouhlal est né en 1967 à Meknesn, il est M'kaddem de la troupe Shim et Moukhtar de la musique et de la Hadra Soufie. Il a commencé très jeune à pratiquer dans la Confrérie des Aïssawa (un ordre mystico religieux fondé à Meknes). En 1990, il obtient le titre suprême "Labra", une certification de reconnaissance sur tout le royaume. Hamid Bouhlal, en tant que M'kaddem confirmé, enseigne son art à tous ceux qui s’y intéressent, issus du Maroc ou d'ailleurs.

Rencontre avec Wakeupinfo.fr

Le M'kaddem est le seul et véritable chef de la troupe. Nommé par la zâwiya-mère de Meknès, il est le disciple (al-faqîr) qui réunit toutes les aptitudes morales, spirituelles et artistiques indispensables qu'impliquent une telle fonction. Le M'kaddem connait l'histoire de la confrérie, de sa doctrine, des traditions mystiques locales et du déroulement du rituel confrérique. Il bénéficie du soutien moral des musiciens serviteurs.

Le Maroc est la terre des saints et des marabouts, où les adeptes célèbrent annuellement des processions vers les sanctuaires de leurs maîtres vénérés. Du Nord au Sud, les moussems se succèdent, petites villes de tentes, qui attirent badauds et marchands. Les Moussems, fêtes musulmanes ou familiales, où les festivités marocaines égrènent les saisons, rompent la monotonie quotidienne et rappellent aux hommes les liens qui les unissent.

La musique est omniprésente dans la cérémonie des Aïssawa. La danse, de même que les chants et les litanies sont accompagnés par une riche panoplie d'instruments :
  • les tbilat, une paire de timbales en terre cuite, toujours jouées par le moqaddem ;
  • le boujnajin, un grand tambour sur cadre pourvu de cymbalettes ;
  • le tbel, un tambour cylindrique à deux faces :
  • la ta'rija, un tambour en terre cuite en forme de calice ;
  • la tassa, un bol en cuivre retourné et frappé à l'aide de deux baguettes ;
  • la ghaita, un hautbois joué selon la technique de la respiration circulaire :
  • le nafir, une longue trompe métallique, toujours jouée par paire.
Les vêtements cérémoniels : jellâba et handira
La jellâba est une longue robe à capuche et à manches larges, généralement de couleur crème, jaune, rouge ou bleue. C'est le M'kaddem qui fait confectionner sur mesure chez un tailleur toutes les jellâba en double exemplaire (pour l'été et l'hiver). Sous la jellâba, les Aïssâwa portent une chemise blanche et un pantalon traditionnel (réalisé lui aussi sur mesure), le sarwel. D'une façon facultative, certains portent sur la tête un turban (characheker ou reza) de couleur jaune. Les babouches (al-belrat), de couleur jaune ou blanche complètent le port de la jellâba.

Festival AfrikaBezons
Hamid Bouhlal est un illustre représentant de cet art musical authentique. C’est un artiste hors-pair au talent incontestable. Il consacre son savoir-faire à pérenniser l'art « Aïssawa » et assurer sa transmission aux jeunes générations montantes.


Arlette Colin
Wakeupinfo




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