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Dans les plus grandes villes, les horodateurs sont en train de détrôner les gardiens de rue. L’une des figures emblématiques du Maroc est-elle en voie de disparition ?

A Casablanca, à Marrakech, à Rabat, lorsque vous circulez en voiture et cherchez à vous garer, ne vous inquiétez pas : le gardien de la rue est là ! Blouse bleue et macaron officiel, gilet jaune parfois, il vous déniche la place, vous aide à vous garer et surveille votre véhicule en votre absence. Pour la modique somme de 2 DH, parfois 5DH, exceptionnellement 10DH dans les zones touristiques ou animées. Dans les zones de bureau, saturées, certains ont créé un lien de confiance avec le gardien de leur rue et lui laissent même la clé pour gérer le stationnement de leur véhicule pendant la journée. Ce gardien-là est normalement assermenté, il a une autorisation légale, paie une redevance annuelle à la commune et peut légitiment faire payer sa prestation.

Pas tous autorisés
Ce n’est pas le cas de tous. Mon gardien m’expliquait récemment comment certains s’arrogeaient l’exploitation d’une rue et exigeaient une rétribution de ceux qu’ils mettaient en poste, façon équipes en 3×8 ! Il existe donc manifestement une organisation et un business informels autour du gardien de rue et il est parfois difficile de faire la part des choses entre le « vrai » et le « faux » gardien: le « vrai » oubliant parfois de porter son macaron, le « faux » a parfois l’air plus vrai que le « vrai » ! Quoiqu’il en soit ces gardiens vous rendent en général un service qui mérite salaire, même informel. On n’en est pas toujours convaincu quand il surgit d’on-ne-sait-où pour réclamer son dû, au moment où on déboite de sa place, alors qu’il ne vous a pas aidé à vous garer et que vous doutez qu’il ait réellement surveillé quoique ce soit… Mais, bon,… c’est « sa » rue ! Et mieux vaut le payer, parce qu’il peut parfois s’énerver. Les altercations sont d’ailleurs fréquentes ! Récemment, une de amies qui ne voulait pas payer un tarif jugé prohibitif s’est fait rayer toute sa voiture par un gardien en colère.

La fin d’un système ?
Eh bien ce gardien qui jouait les horodateurs sans limite horaire, est en train de se faire supplanter… par les horodateurs !

Depuis quelques 2 à 3 ans, ils s’installent progressivement dans les grandes villes, dans les zones de trafic important. La commune y voit bien entendu une manne financière et les utilisateurs semblent globalement satisfaits. Finies les querelles entre conducteurs et gardiens et surtout finis les embouteillages et le stationnement erratique ! Bienvenue aux automates et aux marquages au sol fraichement peints en bleu!

Alors voilà, moi aussi je me suis souvent agacée du racket d’un gardien qui exigeait sa pièce alors que je venais juste de m’arrêter 2 minutes pour acheter du pain. Moi aussi je me suis souvent demandé s’il avait vraiment le droit de faire ce petit boulot là, l’homme au gilet phospho. Mais c’était un boulot honorable. Qui permettait à nombre d’entre eux de vivre décemment et de ne pas se livrer à d’autres activités beaucoup moins honorables. Le salam alaykum souriant du gardien près de mon petit marché va bien manquer s’il disparait.

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