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La sauvegarde de la Mine de charbon de l’Oriental « Djérada » est un projet pour la sauvegarde et la réhabilitation de la mémoire des charbonnages du Maroc. Il s’agit d’un ouvrage, en cours de réalisation, dont nous vous dévoilons ici un extrait.

Il s’agit d’un patrimoine riche qui passe dans l’oubli, ignoré par les pouvoirs publics qui ont opté pour le silence et l’indifférence totale malgré les nombreux écrits et alertes de l’auteur de l’ouvrage.

Dans les mines clandestines de Djérada, des centaines de mineurs descendent jusqu’à 60 mètres sous terre au péril de leur vie pour gratter quelques caisses de charbon. Les conditions de travail sont extrêmes, les puits sont creusés artisanalement avec des pelles et stabilisés à l’aide de morceaux de bois récupérés dans la forêt avoisinante. Ces installations de fortune peuvent s’effondrer à tout moment et ensevelir les ouvriers descendus au fond du trou… (Arlette Colin)



Djérada – Cité Houillère - Deuil perpétuel et traumatisme « Socio-Economique »
(Lahcen Lashab / Auteur)
  
Ils sont venus d’ailleurs, de tous les coins et les recoins de la région, ils sont descendus de leurs Montagnes, ils ont quitté leurs terres nourricières, abandonné leurs bétails, leurs cultures et leurs « Khaimas ». Ils se sont séparés de leur environnement naturel pour une vie meilleure autour du Charbon. (Utopie ou Chimère ?).

Ces paysans/mineurs, bravant tous les dangers, luttant à la seule force de leurs bras, faisant fi de tous les obstacles meurtriers pour assurer à leurs progénitures un semblant de vie descente et sortir de la misère qui sévissait à l’époque, se sont organisés spontanément autour de leurs diversités culturelles en une nouvelle communauté de « culture minière » bien soudée et solidaire. Les nouveaux « combattants de la vie », la plupart ont fini très tôt leur vie au fond du puits et avec eux l’espoir de passer le flambeau à une génération d’intellectuels, d’éduqués et de cultivés. « Beau Rêve enterré » malheureusement !!!

Le drame déplorable, survenu récemment à Djérada (10.05.2013) emportant à jamais les deux nouvelles « victimes du charbon » a la fleur de l’âge, a suscité l’indignation de tous les citoyens de cet historique village minier, unis dans la douleur et l’amertume des souvenirs communs. La tristesse et la consternation se lisaient sur tous les visages de toute une population meurtrie dans sa chair durant des années et des années par la disparition tragique de leurs proches, suivait le cortège funèbre qui, dans un élan de solidarité caractéristique de la « grande famille minière » de la région accompagnait les deux jeunes défunts à leur dernière demeure.

Hélas !! Ils devraient être en ce moment dans les grandes et prestigieuses Universités au service de leur Pays, si ce n’est le sort qui en a décidé autrement. La fosse a eu raison de leur Courage au vu et au su des responsables locaux, qui assistent impuissants à la dégradation insupportable de la situation sociale des jeunes « artisans mineurs clandestins » dans l’attente de la prochaine victime. A qui incombe la responsabilité morale, et celle de « l’illégalité légale » ?

Cet événement tragique, nous ramène quelques décennies en arrière où les accidents de travail mortels étaient fréquents, combien même les problèmes sécuritaires préoccupaient en priorité les responsables de l’exploitation, et figuraient en bonne place parmi les revendications des représentants des mineurs pour ne pas nommer la centrale syndicale la plus représentative de l’époque ; laquelle ne dispose (aujourd’hui) malheureusement d’aucun fonds d’archives pour l’histoire et la mémoire.

Aujourd’hui, il est grand temps à ce que les autorités à tous les niveaux, la société civile, et tous ceux qui gardent en mémoire les tragédies familiales et la souffrance atroce, épouvantable des « Silicosés » coordonnent leurs efforts en vue de réunir dans un cadre juridique approprié, cette jeune génération de « forçats mineurs » de tout le bassin minier de la province, travaillant dans la « clandestinité légale » leur assurant une stabilité sécurisante et sociale.

Les Charbonnages Nord-Africain (C.D.M) qui fut sans conteste la bonne école dans tous les domaines, Société organisée, structurée, employait légalement des milliers « d’ouvriers mineurs » avec un statut du mineur, un code minier, des lois sur les accidents de travail et les maladies professionnelles , la prise en charge sociale etc….Certes, la société a cessé d’exister juridiquement à un moment très difficile et mise en liquidation depuis… « difficulté d’exploitation, économique ou paradoxe ! ». Le patrimoine commun industriel social et culturel d’une valeur sentimentale inestimable abandonné aux aléas climatiques, « dilapidé », vendu ou cédé, et dont l’affectation du produit de réalisation (s’il y en a) reste inconnue…

Un clin d’œil interrogatif en direction des organismes de tutelle et de ceux en charge de la liquidation de cette Société depuis un bon bout de temps ?? (Analyse du billet prochain). Mais…Mais !!!!
  • Le Charbon dure, le Charbon durera assez longtemps…
  • Le Charbon a tué, le Charbon continue de tuer autrement...
  • Maudite soit la misère !!!
Hommage à la Mémoire de tous ceux qui se sont sacrifiés pour le bien-être de la jeune génération, et respect à la sagesse et au courage extrême de leurs héritiers du 21ème.siècle. Une pensée émotionnelle pour le fabuleux passé minier de la province qui a contribué substantiellement à la richesse économique régionale, voire Nationale…  (Lahcen Lashab / Auteur de l’ouvrage)

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