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Prise dans un tourbillon croissant de répression, la liberté d’expression et de penser est actuellement écraser par une dérive totalitaire dangereuse du gouvernement en Algérie.

La poursuite contre le journal français Le Monde au commencement de l’année n’était finalement qu’une entrée en matière. Incapable d’empêcher le pire pour son pays, le gouvernement Bouteflika tente d’empêcher les Algériens de voir les conséquences désastreuses de ses quatre mandats au pouvoir. Depuis plusieurs mois, les médias sont donc dans la ligne de mire du régime. Ce dernier mène une véritable guerre à tous les médias qui le dénoncent, particulièrement ceux qui ont montré la fraude derrière la "réélection" du président Abdelaziz Bouteflika pour un quatrième mandat en avril 2014.

La liberté d’expression en Algérie vit donc actuellement des jours sombres alors que le producteur d'une émission satirique diffusée par la télévision privée KBC a été placé en détention préventive. La suspension de l’émission satirique "Nass Stah"» et la mise sous scellés des locaux servant pour une autre émission satirique "Ki Hna Ki Nass" montrent avec éloquence un gouvernement autoritaire de moins en moins déguisé et de plus en plus violent. L'organisation Reporters sans frontières (RSF) vient d’ailleurs de dénoncer cette atteinte au journalisme indépendant.

La gendarmerie ne s’est pas non plus gênée d’encercler le nouveau siège d’El Watan pour empêcher un déménagement en cours. Pour justifier cette action face à des individus qui vaquaient à leurs occupations légitimes, les agents se sont contentés de dire qu’ils ont reçu des instructions. Le clan Bouteflika n’hésite pas à utiliser la violence illégitime quand la loi ne lui permet pas de faire ce qu’elle veut. La police ne fait pas respecter les droits des citoyens en Algérie, mais est un outil au service du gouvernement. Ce dernier utilise de plus en plus des moyens illégitimes pour soumettre le peuple.

Cette ingérence constante dans les affaires des médias montre ce gouvernement sous son mauvais jour devant un auditoire mondial qui le voit maintenant pour ce qu’il est. L’illusion de la démocratie est de plus en plus difficile à défendre d’une manière rationnelle en Algérie face aux actions du gouvernement Bouteflika. En maltraitant ainsi les médias, ce dernier a montré qu’il n’a rien à faire de la liberté de presse. Quand ces gendarmes ont fait cette descente dans ce studio pour arrêter le tournage de cette émission satirique, l’État algérien ressemblait plus au gouvernement de pacotille dans le film "V pour Vendetta" qu’a une entité démocratique du 21e siècle.

Il y a donc actuellement une attaque à la liberté de presse en Algérie. Seuls les médias qui ne décrient pas l’imposture de la "réélection" du président Abdelaziz Bouteflika pour un quatrième mandat en avril 2014 ont le droit de survivre. L'Agence nationale de l'édition et de la publicité est chargée de la mise en oeuvre de cette politique d’épuration. Ce n’est pas une chose nouvelle. On se souviendra que la chaîne privée Atlas TV avait été fermée en pleine campagne électorale pour la présidentielle de 2014 parce qu’elle osait couvrir les manifestations organisées par le mouvement Barakat. Les journaux déviants sont depuis déjà plusieurs années privées des annonces publiques. Comme cela n’a pas fonctionné contre tous les médias, le gouvernement passe à des moyens plus coercitifs.

Il n’y a pas que les dirigeants actuels du pays que le clan Bouteflika veut protéger des médias par ses actions. Alors que la population s’appauvrit à vue d’œil, il devient de plus en plus évident que l’argent passe de main en main dans des circuits fermés en Algérie. De petits groupes formés de dirigeants, de leurs enfants et de ceux d’anciens hauts responsables algériens s’enrichissent actuellement des deniers publics. La compétence est secondaire et même optionnelle pour travailler au gouvernement. Le gouvernement ne peut donc combattre la corruption, car elle est la base de son fonctionnement. L’Algérie perd donc tranquillement prise sur tout ce qu’elle ne peut maintenir par la corruption et la crise financière plombe le peuple.

En conclusion, il est maintenant évident que la menace intérieure dont le clan Bouteflika a le plus peur, ce ne sont pas les extrémistes religieux, mais les médias. En Algérie, c’est la liberté de presse qui est l’ennemi numéro un. Tout média qui ne propage pas les pensées de l’État est sujet à être attaqué en justice par le gouvernement. On ne badine pas avec le clan Bouteflika qui possède actuellement tous les pouvoirs. La meilleure preuve est ce qui est arrivé quand le gouvernement a voulu contrer la fraude possible pendant une session spéciale du baccalauréat. Il a tout simplement fait le blocage complet des réseaux sociaux de tous les Algériens pendant plusieurs jours. Que cela viole les droits de millions d'internautes innocents ne l’a pas empêché. Il est normal pour le gouvernement d’Abdelaziz Bouteflika que la population en général paie les pots cassés même quand elle n’est pas responsable.

Michel Gourd
lematindz.net/









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