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Alors que le reste de l'équipe était en train de bosser dans un local industriel à quelques dizaines de kilomètres et qu'il faisait très chaud, nous avons aperçu, pas loin du portail, de l'autre côté du chemin de campagne, une petite baraque faite de bric et de broc.

Poussés par notre curiosité maladive et par la recherche d'un peu d'ombre et de fraicheur, nous avons poussé la porte, qui n'existait même pas d'ailleurs, et nous avons découvert trois femmes d'allures et d'âges différents. Nous leur avons demandé si nous pouvions nous reposer un peu « chez elles » et la réponse a été tout de suite affirmative, après nous avoir indiqué une vieille caisse en bois et un gros bloc de ciment. 

Le lieu était on ne peut plus modeste. Pas de chaise, pas de table, pas de matelas, rien de tout cela. Et sur le sol, il n'y avait que... la terre ferme. Un vieux transistor déversait non sans difficulté et sans trop de tintamarre non plus de la musique africaine.

Renseignement pris, cette cabane sert de « snack » pour les employé(e)s de l'usine en face. D'ailleurs, une des femmes, la moins jeune, épluchait des oignons qu'elle mettait dans une grande bassine en plastique ; la seconde, qui semblait être la fille cadette, dégustait tranquillement un œuf dur - je dois vous préciser que nous étions en plein mois de ramadan - et enfin, la 3ème, sans doute l'ainée, jouait avec son bébé qui rampait tout nu à même le sol.

Dès que je lui ai demandé si je pouvais prendre des photos, elle a fait oui de la tête. J'ai essayé de le faire le plus discrètement possible. Puis, soudain, le bébé a commencé à pleurer. Alors, sans hésitation aucune, elle l'a relevé du sol, s'est assise sur une des caisses qui servent de sièges, a sorti son sein et l'a donné à son gosse qui a aussitôt arrêté de pleurer, et moi j'ai arrêté de photographier.

Quelques instants après, deux membres de l'équipe nous ont rejoints et, même si je savais et je sentais qu'ils étaient surpris par cette vue quelque peu insolite, ils sont restés zen et se sont assis près de moi pour jouir de ce grand moment de repos, de sérénité et d'ouverture.
Qu'est-ce qu'on peut apprendre chez les autres !

Mohamed Laroussi
Journal d’un nègre blanc
(to be continued)

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