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Médecins du Monde a lancé, lundi, une campagne choc pour dénoncer les prix "exorbitants" de certains traitements. Mais les annonceurs ont refusé de diffuser les affiches de l'organisation pour ne pas heurter l’industrie pharmaceutique.

Seulement voilà, il sera difficile pour les Parisiens de découvrir cette campagne choc, intitulée « Le Prix de la vie », dans le métro ou sur les abribus de la capitale puisque les annonceurs ont refusé de la diffuser. L’ONG qui refuse de baisser les bras, a décidé de contourner le problème et de mener sa campagne de manière « sauvage », en publiant ses affiches sur les réseaux sociaux et dans les grands quotidiens nationaux.


« Le cancer du sein, plus il est avancé, plus il est lucratif ». Voici l’une des phrases choc de la dernière campagne de communication de l’ONG Médecins du Monde (MDM), lancée lundi 13 juin. À travers dix affiches aux messages forts – et particulièrement cyniques – conçues par l’agence DDB Paris, l’association est partie en guerre contre le prix des médicaments fixé par l’industrie pharmaceutique.


Avec le militantisme qu’on lui connaît, l’ONG a donc dénoncé sans ambages « l’indécence » des coûts des traitements pour soigner les maladies graves comme le cancer ou l’hépatite C. Elle a aussi accusé le lobby pharmaceutique de s’enrichir sur le dos des malades en réalisant des marges colossales. « Un milliard d’euros de bénéfices, l’hépatite C, on en vit très bien », peut-on lire sur une affiche. « Bien placé, un cancer peut rapporter 120 000 euros », découvre-t-on sur une autre.
« Les entreprises pharmaceutiques déterminent le prix des médicaments en fonction de la capacité maximale des États à payer pour avoir accès au traitement. Plus un État est riche, plus le prix sera élevé », dénonce ainsi l’ONG dans sa campagne.
La responsabilité de l’État
Mais MDM ne dénonce pas tant l’avidité des laboratoires pharmaceutiques que la passivité de l’État. Car les autorités françaises sont aussi dans le viseur de l’ONG. Ce sont elles qui fixent le prix d’un médicament via le Comité économique des produits de santé (CEPS), comme le rappelle le Leem. Médecins du Monde demande donc à la France de préserver un « système de santé solidaire » et de faire baisser les prix des traitements.

Et pour rappeler qu'en ces temps de restrictions budgétaires, c'est le contribuable français qui paie ces traitements. « Ces prix exorbitants ne pourront bientôt plus être pris en charge par la sécurité sociale. Demain, qui pourra payer de telles sommes pour se faire soigner ? », s'interroge le Docteur Françoise Sivignon, présidente de Médecins du Monde. « […] Les autorités laissent les laboratoires dicter leurs prix et abandonnent leur mission, celle de protéger la santé des populations. Il est maintenant temps que Marisol Touraine [ministre de la Santé, NDLR] agisse en ce sens : ce n’est pas au marché de faire la loi, c’est à l’État. »

Wakeupinfo.fr avec France 24




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