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Ses traits d'esprit traînent encore dans les mémoires. Au-delà de ses sketchs restés célèbres, l'humoriste et comédien a aussi marqué son temps pour son engagement politique et humanitaire.

Le quinquennat de François Hollande est confronté aux mêmes critiques. Même si ces reproches ne sont pas réservés à la gauche, on ne peut s'empêcher de voir dans la déception de la France de Coluche celle de la France de 2016, qui n'offre que 11% d'opinions favorables à son président de la République à un an de la présidentielle.

« On est dans la merde en France. (...) Il y a une pyramide sociale où y'a un mec qui est en haut tout seul, (...), et plus on descend plus on est nombreux. Et quand on arrive en bas on est vraiment dans la merde. »


Plus que la politique, Coluche a su écorcher le socialisme. Après l'élection de François Mitterrand, il parle de sa "déception" lors d'une rencontre avec des étudiants grévistes.


« Pendant 30 ans, les mecs ont gouverné comme des manches, économiquement ils nous ont mis dans une merde noire. Les socialistes qu'on a attendus de tous nos vœux, de tous nos espoirs pendant des années et des années ne font pas mieux. Il y a même des gens qui seraient tentés de dire qu'ils font pire », estime l'humoriste.


En jouant « le flic » : « Dans les manifs on est obligé de taper. (...) Non mais on fait gaffe, on tape avec le plat de la main dans le dos. Ça fait vachement mal mais ça fait pas de trace. »



La police était une des cibles privilégiées de Coluche. Dans ses sketchs comme sur les plateaux de télévision, l'humoriste dénonce ce qu'il considère comme des violences de la part des forces de l'ordre. "Les policiers se croient extrêmement couverts", lance-t-il sur Antenne 2 en 1980 face à un représentant d'un syndicat policier.



Depuis le 9 mars et le début de la contestation contre la loi Travail, plusieurs manifestations ont été marquées par des affrontements entre police et manifestants. Avec eux, des accusations de violences policières ont creusé le fossé entre manifestants et forces de l'ordre.

Une nuance de taille cependant: les accusations de violences policières de la part de Coluche s'accompagnaient souvent d'une accusation de racisme. "Comment reconnaître un Français d'un immigré? C'est très facile. Les Français sont habillés en bleu. L'immigré, c'est celui qui a les mains en l'air et qu'on fouille", dira-t-il par exemple. Du fait des surveillances dont il faisait l'objet après sa candidature à la présidentielle, l'acteur avait sans doute aussi des raisons plus personnelles d'en vouloir à la police.

Comme en 2016, le chômage était déjà une préoccupation au temps de Coluche. Lorsqu'il écrit son sketch "le chômeur", l'humoriste a été témoin des manifestations de mars 1979, lors desquelles sidérurgistes et jeunes chômeurs affrontent les forces de l'ordre dans les rues de Paris, mobilisés contre un plan de restructuration prévoyant fermetures d'usines et suppressions d'emplois.

Entre ces manifestations et son sketch, écrit en 1986, le chômage en France est passé de 4,8% à 8,6% selon l'Insee. "J'ai été remplacé par une machine, avec toute l'équipe de mecs qu'on était. Une machine super, elle fait tout le travail à notre place", ironise Coluche dans son spectacle.

Avec 2,8 millions de chômeurs en France métropolitaine début 2016, soit 9,9% de la population active, le chômage reste aujourd'hui un point de fixation de la contestation à l'encontre du gouvernement.

“Il paraît que la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Je ne vois pas en quoi c'est une crise. Ça a toujours été comme ça, depuis que je suis môme.”

"J'ai une petite idée comme ça, si des fois y a des marques qui m'entendent..." C'est par ces mots, lancés sur Europe 1 en septembre 1985, que naissent les Restos du cœur. Également engagé contre la faim dans le monde avec SOS Ethiopie, Coluche profite régulièrement de sa notoriété pour rallier le public à sa cause.


Dans "le chômeur" toujours, l'humoriste énonce une vérité malheureusement toujours valable aujourd'hui : "La crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres".




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